A FANNY
Non, de tous les amants les regards, les soupirs Ne sont point des pièges perfides.
créon, LVI ; Antipater, Anal. II, p. 37, ex. Racine a dit dans Phèdre, 11^ i : Mois qu'il n'a pu sortir de ce triste séjour, Et repasser les bords qu'on pause xaii.t retour. La même pensée se rencontre chez les poètes juifs : Joh, Vil, ii, 9; Sagesse, \\, i, 5. V. 20. C'est par un tableau semblable que Slace, Silv. II, i, 104 , nous dépeint l'enfance du fils de Mélior et la joie de son père :
Tu tamcn et mutas tum murmure voces Vagitumquc rudera, fletumque infantis aniabas. J'- — V. 1. Cette négation, jetée brusquement en avant de la phrase, donne au
Non, à tromper des c(jeurs ilélicats et timides
Tous ne mettent point leurs plaisirs.
Toujours la feinte mensongère 5
Ne farde point de pleurs, vains enfants des désirs,
Une insidieuse prière.
NoUj avec votre image, artitic<* et détoui-,
Fannv, n'habitent point une âme; Des yeux pleins de vos traits sont à vous. Nulle femme lo
Ne leur paraît digne d'amour.
Ali ! la pâle fleur de Clytie Ne voit au ciel qu'un astre ; et l'absence du jour
Flétrit sa tête appesantie.
Des lèvres d'une belle un seul mot échappé 15
Blesse d'une trace profonde Le cœur d'un malheureux qui ne voit qu'elle au monde.
Son cœur pleure en secret frappé.
Quand sa bouche feint de sourire. Il fuit; et jusqu'au jour, de son trouble occupé, 20
Absente, il ose au moins lui dire :
style une poétique rapidité; c'est là celte iillnrc Iranclie et haidie qu'on admire souvent dans Malherbe. Nous avons déjà vu, livre H, une élégie commençant ainsi :
Non, je ne l'aime phis : iin aiilte la possède. Racine a commencé plusieurs tragédies par oui :
Oui, je viens dans son temple adorer l'IOternel. Oui, puisque je retrouve un auii si (idèle. l'.lc. V. 12. Clytie (Ovide, Met. IV, 2G''i) se mourant d'amour pour Apollon : Nec se niovit hunio : tantiiui speelabat euiitis Ora dei ; vultusqiie sucs (leclebat ad illuui. Parny, dans le poème des Fleurs :
Voyez iei la jalouse Clytie Durant la nuit se penelier tristement , Puis relever sa tète appesantie Pour reirarder son infidèle amant.
LIVHK III — FANNY 2711
" FaiHiy, belle adorée aux yeux doux et sereins,
Heureux qui n'ayant d'autre envie Que de vous voir, vous plaire et vous donner sa vie.
Oublié de tous les humains, 25
Près d'aller rejoindre ses pères.
Vous dira, vous pressant de ses mourantes mains :
(]rois-tu qu'il soit des cœurs sincères? »