‹ PoésiesChapitre 253 sur 341 · LIVRE III — FAiNNY · texte numérisé non relu

LIVRE III — FAiNNY

Pour fixer sur moi seul ta pensée et tes yeux; 15

Que, loin de moi, ton cœur fût plein de ma présence,

Comme, dans ton absence, Ton aspect bien-aimé m'est présent en tous lieux !

Je pense : Elle était là ; tous disaient : « Qu'elle est belle! » Tels furent ses regards, sa démarche fut telle, 30

Et tels ses vêtements, sa voix et ses discours. Sur ce gazon assise, et dominant la plaine,

Des méandres de Seine, Rêveuse, elle suivait les obliques détours.

Ainsi dans les forêts j'erre avec ton image ; 25

Ainsi le jeune faon, dans son désert sauvage, D'un plomb volant percé, précipite ses pas. Il emporte en fuyant sa mortelle blessure ;

Couché près d'une eau pure.

Palpitant, hors d'haleine, il attend le trépas. 30

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