‹ PoésiesChapitre 276 sur 341 · AU MARQUIS DE RRAZAIS · texte numérisé non relu

AU MARQUIS DE RRAZAIS

Qui ? moi ? moi de Phœbiis te dicter les leçons ?

Moi, dans l'ombre ignoré, moi que ses nourrissons

Pour émule aujourd'hui désavoùraient peut-être ?

Dans ce bel art des vers je n'ai point eu de maître :

Il n'en est point, ami. Les poètes vantés, 5

Sans cesse avec transport lus, relus, médités;

Les dieux, l'homme, le ciel, la nature sacrée

Sans cesse étudiée, admirée, adorée.

Voilà nos maîtres saints, nos guides éclatants.

A peine avais-je vu luire seize printemps, lo

Aimant déjà la paix d'un studieux asile,

Ne connaissant personne, inconnu, seul, tranquille,

Ma voix liumble à l'écart essayait des concerts ;

L'avoit dit devant lui; devant lUX la nature L'avoit fait dire en cent façons.

Au surplus, le vrai est toujours vrai ; dire uue chose vraie après (raulres n'est pas

imiter. La ih-uyère, de r Esprit, le remarque très-justement : « Horace ou Desprèaux

l'a dit avant vous, je le crois sur votre parole, mais je l'ai dit comme mien. Ne puis-je

pas penser après eux une chose vraie, et que d'autres encore penseront après moi.^ ■>

V. — Y. 5-9. Sans citer ici Horace, que nous retrouverons dans le poënie de

Vliiventiun, nous rappellerons le passage de Claudien, IV Cous, d' Hoiior'ius, 395, où

Théodose dit à son lils :

Inlerea Musis, animus duiu uiollior, insta,

Et, quae mox imitare, legas ; née desinat unquani

Teeum graia loqni, teeum roniana velustas.

\a\ Konlaiiif, Iradiiisaul deux vers d'un poète laliu :

Je puiserai pour vous eliez les vieux t'crivains. Éeoutcz Seulement leurs chapitres divins : Soyc/.-leur attentif, même aux ehoses légcVes ; Rien chez eux n'est l(^gcr

lîoili'aii, Àii jxx't. II, on parlant de Théocrile et de Virgile :

(Jue leurs tendres éerils, par les Grâces dictés, Ni' (|uittenl point vos mains, Jour et nuit feuilletés.

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