‹ PoésiesChapitre 307 sur 341 · V. 22. Properce, I, x · texte numérisé non relu

V. 22. Properce, I, x

Tu cave, ne tristi cuplas pugnare puellx,

Essaye avec les pleurs, les tendres doléances,

De faire à ses desseins de douces violences ;

Sinon, tu vas l'aigrir; tu te perds. La beauté, 25

Je te l'ai fait entendre, aime sa volonté.

Son cœur impatient, que la contrainte blesse.

Se dépite : il est dur de n'être pas maîtresse.

Prends-y garde : une fois le ramier envolé

13ans sa cage confuse est en vain rappelé. 30

Cède, assieds-toi près d'elle ; et, soumis avec grâce,

D'un ton un peu plus froid, sans aigreur, ni menace.

Dis-lui que de tes vœux son plaisir est la loi.

Va, tu n'y perdras rien, repose-toi sur moi.

Complaisance a toujours la victoire propice. 35

Souvent de tes désirs l'utile sacrifice,

Comme un jeune rameau planté dans la saison.

Te rendra de doux fruits une longue moisson.

Neve superba loqui, ueve tacere diu ; Neu, si quid petiit, ingrata fronte negaris;

Ncu tibi pro vano vcrba benigna cadant

At quo sis liurailis m:igis t-t subjcclus amori,

Hoc magis effecto saepc fruaio boiio. •

Gentil Bernard, Art d'aimer, I :

Par son respect l'aïuaiit vrai se déclare; C'est lui qui craint, qui se fuit, qui s'égare, Qui d'un regard fait son suprême bien,

Désire tout, prétend peu, n'ose rien

(If. J.-B. Rousseau, Adonis.

V. 29 et 30. La phrase serait mieux construite ainsi : Prends garde : le ramier, une fois envolé, Dans sa cage confuse est en vain rappelé. « Confuse, » dont les croisements des barreau.\ sont aux yeux du lamier comme une trame confuse. — Horace, Épit. I, XVIII, 71, a dit, dans un autre ordre d'idées : Kt semel emissum volât irrevocabilc verbuni.

More a pour les amants ses corbeilles fertiles ;

Et les fleurs, dans leurs jeux, ne sont pas inutiles.

Les fleurs vengent souvent un amant courroucé ,

Qui feint sur un seul mot de paraître offensé.

Il poursuit son espiègle, il la tient, il la presse ; 5

Et, fixant de ses flancs l'indocile souplesse,

D'un faisceau de bouquets en cachette apporté

Châtie, en badinant, sa coupable beauté,

La fait taire et la gronde, et d'un maître sévère

Imite avec amour la plainte et la colère; 10

Et, négligeant ses cris, sa lutte, ses transports,

Arme le fouet léger de rapides efforts,

Frappe et frappe sans cesse, et s'irrite et menace,

Et force enfin sa bouche à lui demander grâce.

Telle Vénus souvent, aux genoux d'Adonis, lô

Vit des taches de rose empreintes sur ses lis ;

Tel l'Amour, enchanté d'un si doux badinage,

Loin des yeux de sa mère, en un charmant rivage,

Caressait sa Psyché dans leurs jeux enfantins,

XII. — V. 2. N'est-ce pas là ce jeu des fleurs, prélude d'anioineiiv ('■l)iils, que décrit La Fontaine, Contes, II, vii:

La belle prend des fleurs qu'elle avait mises En un monceau, les jette au compagnon ..... Même débat, même jeu recommence.

Fleurs de voler

Siace, Acliill. ], 571, dans le ravissant tableau des jeu\ d'Acliille et de Dcidaniie : Nunc levibus sertis, lapsis nunc sponte canistris.

Nunc thyrso parccnte ferit

V. i9. Dans le Tasse, Ger. lib. XIV, G8, Ârniide enchaîne Renaud avec des fleurs : Di ligustri, di gigli, e délie rose, Le quai fiorian pcr quelle piagge amené Con nov' arte congiunte indi compose Lente ma tenacissime catcne.

40^ l'OËMKS

Et de lacets dorés chargeait ses belles mains.

Fontenay ! lieu c[u'Amour fit naître avec la rose,

.lirai (sur cet espoir mon âme se repose),

J'irai te voir, et Flore et le ciel qui te luit.

Là je contemple enfin (ma déesse m'y suit).

Sur un lit que je cueille en tes riants asiles, 2.S

Ses appas, sa pudeur, et ses fuites agiles,

Et dans la rose en feu l'albâtre confondu,

Comme un ruisseau de lait sur la pourpre étendu.

Offrons toutce qu'on doit d'encens, d'honneurs suprêmes. Aux dieux, à la beauté plus divine qu'eux-mêmes. Fuisse aux vallons d'Ha>mus, où les rocs et les bois Admirèrent d'Orphée et suivirent la voix, L'Hèbre ne m'avoir pas en vain donné naissance!

V. 22. C'est le mouvement pocti([ue de Virgile, Eg'l. X, 50 . Ibo, ot, Clialcidico, etc.

Delille, Janlins, II :

J'irai, de l'Apennin je franchirai les cimes; etc. i\L Berlin, Am. II, xi. Nons avons déjà remarqué cette l'orme poéli([ue, £/t'V. Il,

XXll, 11-).

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