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SUR UN POETE SOI-DISAIST

3Iais désormais à peine il suffit à sa gloire :

On se l'arrache. Il court de victoire en victoire.

Chacun de ses refrains fait des recueils fort beaux.

Il attache une tête aux bouts-rimés nouveaux.

Aux droits litigieux de plusieurs synonymes .'>

Il sait même assigner leurs bornes légitimes.

Bientôt chez tous les sots on sait de toute part

Jusqu'où vont ses talents ; que lui seul avec art

Noue une obscure énigme au regard louche et fade,

Hache et disloque un mot en absurde charade, 10

Construit, tordant les mots vers un sens gauche et lourd,

Le Janus à deux fronts. Ihébété calembour.

Belles, le ciel a fait pour les mâles cerveaux

L'infatigable étude et les doctes travaux.

Pour vous sont les talents aimables et faciles.

Oh! le sinistre emploi pour les grâces.

De poursuivre une sphère en ses cercles nombreux,

Ou du sec A plus B les sentiers ténébreux!

Quelle bouche immolée à leurs plirases si dures

Aiu\a jamais la nuit de suaves mui-mures,

Kt pourra s'amollir à soupirer /noti cœur!

Mon (inie ! et tous ces noms d'amoureuse langueur^

La grâce, les talents, ni l'amour le plus tendre, D'un douloureux affront ne peuvent nous défendre. Encore si vos yeux daignaient, pour nous trahir,

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