A MARIF-JOSEPH DE CHÉNIER
Mon frère, que jamais la tristesse importune
Ne trouble tes prospérités !
Va remplir à la fois la scène et la tribune :
Que les grandeurs et la fortune Te comblent de leurs biens, au talent mérités. '»
Que les muses, les arts toujours d'un nouveau lustre
Embellissent tous tes travaux ; Et que, cédant à peine à ton vingtième lustre,
De ton tombeau la pierre illustre S'élève radieuse entre tous les tombeaux. lO
TV A BYZ4INCE
Byzance, mon berceau, jamais tes janissaires Du musulman paisible ont-ils forcé le seuil "*
m. — <■ Pour prouver que rhannoiiie n'avait jamais été rompue entre les deux Cliéiiier, dit M. Labitte, ou s'est plusieurs fois appuyé de cette ode. Dans les éditions la pièce n'a que deux strophes, et ces deux strophes sont louangeuses. Les vœux exprimés par André étaient sincères, je n'en doute pas; cependant il faut bien dire que, dans le manuscrit, la fin de l'ode tournait à l'ironie, à une ironie |)lut()t mélanroli(iuc (pie blessante. Les derniers vers ont été vus par plusi<Miis personnes de notre connaissance. >•
\Ont-ils jusqu'en sou lit, nocturnes émissaires, Porter l'épouvante et le deuil ?
Son harem ne connaît, invisible retraite, 5
Le choix, ni les projets, ni le nom des visirs. Là, sur du lendemain, il repose sa tète.
Sans craindre, au sein de ses plaisirs.
Que cent nouvelles lois qu'une nuit a fait naître. De juges assassins un tribunal pervers, lo
Lancent sur son réveil, avec le nom de traître, La mort, la ruine ou les fers.
Tes mœurs et ton Coran sur ton sultan farouche ^'eillent, le glaive nu, s'il croyait tout pouvoir. S'il osait tout braver, et dérober sa bouche 15
Au frein de l'antique devoir.
Voilà donc une digue où la toute-puissance V'oit briser le torrent de ses vastes progrès ! Liberté qui nous fuis, tu ne fuis point Byzance ;
Tu planes sur ses minarets ! 20