‹ PoésiesChapitre 326 sur 341 · STROPHE I · texte numérisé non relu

STROPHE I

O mon esprit! au soin des cieux, Loin (le tes noirs chagrins, une ardente allégresse

Te transporte au banquet des dieux ,

Lorsque ta haine vengeresse, Rallumée à l'aspect et du meurtre et du sang, 5

Ouvre de ton carquois l'inépuisable flanc. De Ik vole aux méchants ta flèche redoutée,

D'un fiel vertueux humectée , Qu'au défaut de la foudre, esclave du plus fort,

Sur tous ces pontifes du crime, lo

Par qui la France, aveugle et stupide victime, Palpite et se débat contre une longue mort,

Lance ta fureur magnanime.

ANTISTROPHE t

Tu crois, d'im éternel flambeau Éclairant les forfaits d'une horde ennemie, ir,

Défendre à la nuit du tombenu

D'ensevelir leur infamie ; Déjà tu penses voir, des bouts de l'univers, Sur la foi de ma lyre, au nom de ces pervers, l'rémir l'horreur publique, et d'honneur et de gloire 20

Fleurir ma tombe et ta mémoire :

V. — V. :i. ll(ir;i((', Odes, W , VIII, a dil de la iiioil \v,\v ujii' iiD.igr si'iiilihililc : Dinmini l.imlc viriiin Musa vclat iiinri : r.dio Musa beat. Sic Jovis inlcrcst Oplalis rpiilis iiiipliicr Hercules.

Comme autrefois tes (irecs accouraient à des jeux,

Quand l'amoureux fleuve d'Élide Eut de traîtres punis vu triompher Alcide ; Ou quand l'arc pytliien d'un reptile fougueux 25

Eut purgé les champs de Phocide.

EPODE I

Vain espoir! inutile soin !

Ramper est des humains l'ambition commune ;

C'est leur plaisir, c'est leur besoin.

Voir fatigue leurs yeux, juger les importune ; 30

Ils laissent juger la Fortune, Qui fait juste celui qu'elle hït tout-puissant. Ce n'est point la vertu, c'est la seule victoire

Qui donne et l'honneur et la gloire.

Teint du sang des vaincus, tout glaive est innocent. 3.5

STROPHE n

Que tant d'opprimés expirants Aillent aux cieux réveiller le supplice ;

Que sur ces monstres dévorants

Son bras d'airain s'appesantisse ; Qu'ils tombent; à l'instant vois-tu leurs noms flétris, 40 Par leur peuple vénal leurs cadavres meurtris. Et pour jamais transmise à la publique ivresse

V. 22. L'AIpliée, fleuve d'Élide, après s'être jeté dans la mer, continuait, disaiton, son cours sans mêler ses ondes à celles de lu mer, et reparaissait dans le lit de l'Aréthuse, en Sicile. Voy. Strahon, VI, il , où il discute longuement la question. Cf. Stace, Silv. I, II, 203, et m, C8 ; Ovide, .4m. III, vi ; Claudien, Élog. de Slil. T, 18G. C'étaient les Olympiques qu'on célébrait sur les bords de l'Alphée.

V. 25. Les Pythiques furent instituées, dit-on, eu mémoire de la victoire que remporta Apollon sur le serpent Python; voy. Homère, Hymne à y4polloii; Scliol. Pind. Pjtli.

434 HYiMNES

Ta louange avec leur bassesse ?

Mais si Mars est pour eux, leurs vertus, leurs bienfaits

Sont bénis de la terre entière. 45

Tout s'obscurcit auprès de la splendeur guerrière ; Elle éblouit les yeux, et sur les noirs forfaits

Étend un voile de lumière.

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