A LOUIS DAVID, PEINTRE
Reprends ta robe d'or, ceins ton riche bandeau,
Jeune et divine Poésie !
Quoique ces temps d'orage éclipsent ton flambeau. Aux lèvres de David, roi du savant pinceau.
Porte la coupe d'ambroisie. 5
La patrie, à son art indiquant nos beaux jours, A confirmé mes antiques discours ,
Le Jed de PACHE. — Dans l'étude sur les œuvres d'André, nous avons parlé de cette pièce; nous n'y reviendrons pas ici. — Pour le texte, nous avons fidèlement suivi la l)rochure qu'André fit lui-même imprimer en 1791.
Lxviii LE JEU DE PAUME
Quand je lui répétais que la liberté mâle
Des arts est le génie heureux ; Que nul talent n'est fils de la faveur royale; 10
Qu'un pays libre est leur terre natale.
Là, sous un soleil généreux, Ces arts, fleurs de la vie et délices du monde,
Forts, à leur croissance livrés.
Atteignent leur grandeur féconde : 15
La palette offre l'âme aux regards enivrés; Les antres de Paros de dieux peuplent la terre; L'airain coule et respire ; en portiques sacrés
S'élancent le marbre et la pierre.
Toi-même, belle vierge à la touchante voix, 20
Nymphe ailée, aimable sirène.
Ta langue s'amollit dans le palais des rois ; Ta hauteur se rabaisse, et d'enfantines lois
Oppriment ta marche incertaine ; Ton feu n'est que lueur, ta beauté n'est que fard. 25
La liberté, du génie et de l'art T'ouvre tous les trésors. Ta grâce auguste et fière
De nature et d'éternité Fleurit. Tes pas sont grands. Ton front ceint de lumière