V. \'i. Nous avons adopté la ponctuation du ^erc«;e
Elle est au sein des flots, la jeune Tarent! ne ! 15
Son beau corps a roulé sous la vague marine.
Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d'un rocher.
Aux monstres dévorants eut soin de le cacher.
Par son ordre bientôt les belles Néréides
S'élèvent au-dessus des demeures humides, 20
Le poussent au rivage, et dans ce monument
L'ont au cap du Zéphyr déposé mollement ;
Et de loin, à grands cris appelant leurs compagnes,
Et les nymphes des bois, des sources, des montagnes,
Toutes, frappant leur sein et traînant un long deuil, 25
Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil :
« Hélas ! chez ton amant tu n'es point ramenée, Tu n'as point revêtu ta robe d'iiyménée. L'or autour de tes bras n'a point serré de nœuds. Et le bandeau d'hymen n'orna point tes cheveux. »
V. 15. Il faut noter (ce qu'on n'a pas dit) que cette pièce, enipreiate du génie grec , participe du génie gaulois d'une façon remarquable. Sa forme tout élégiaque se rapproche de la plainte ou complainte française. La pièce se divise en deux strophes, chacune de douze vers, et les vers 3, 14, 15, qui ouvrent, ferment et rouvrent ces strophes, ou mieux, ces stances, reviennent à l'oreille comme un écho poétique de douleur qui est tout à fait dans le goût de Marol. Voy. Complaiiilc d'une nicpce sur la mort de sa tante.
V. 19. Properce, III, VU, 67, s'écrie, lorsepie les flots viennent d'entraîner i'inibrtuné Pœtus dans l'abîme :
O ccntum arquoreae Nerco gcnitore puclUv ,
Et tu matcrno tacta dolore Theti , Vos dccuit lasso subponc.re brachia monlo : Non poterat vcstras ille gravarc manus.
Mais les Naïades et les Néréides étaient clémentes , surtout pour les fenmies , conune le dit Coluthus, Rapt d'Hél. 361.
V. 22. Le promontoire Ze/;/t)'W«/«, à la pointe méridionale du Brutium, au sud de Locres (Slrabon, VI, i, 7).