‹ PoésiesChapitre 83 sur 341 · V. 122-124. Théociite, Idjl. VIII · texte numérisé non relu

V. 122-124. Théociite, Idjl. VIII

OO Or,a(I) Tcoxà àfivôv, eTtsl frù^tTzhc, 6' ô TtaTiqp |i.£v; /' à |J.âr(-,p • xà Ô£ ^Kkn. TioOsaTtepa Ttâvt' àpi6(j.£yvTi. Voyez dans Virgile, Ef^l. III, 32, l'imitation de ce passage de Théociite.

Me trouvera toujours humain, compatissant,

fV leurs justes désirs facile et complaisant,

Afin qu'ils soient heureux et qu'ils aiment leur maître, 135

Et bénissent en paix l'instant qui les vit naître.

LE BERGER

Et moi, je le maudis, cet instant douloureux

Qui me donna le jour pour être malheureux ;

Pour agir quand un autre exige, veut, ordonne ;

Pour n'avoir rien à moi, pour ne plaire à personne ; I40

Pour endurer la faim, quand ma peine et mon deuil

Engraissent d'un tyran l'insolence et l'orgueil.

LE CHEVRIER

Berger infortuné ! ta plaintive détresse

De ton cœur dans le mien fait passer la tristesse.

Vois cette chèvre mère et ces chevreaux, tous deux 145

Aussi blancs que le lait qu'elle garde pour eux ;

Qu'ils aillent avec toi, je te les abandonne.

Adieu. Puisse du moins ce peu que je te donne

De ta triste mémoire effacer tes malheurs ,

Et, soigné par tes mains, distraire tes douleurs ! 150

LE BERGER

Oui, donne et sois maudit ; car si j'étais plus sage. Ces dons sont pour mon cœur d'un sinistre présage. De mon despote avare ils choqueront les yeux. Il ne croit pas qu'on donne : il est fourbe, envieux ;

11 dira que chez lui j'ai volé le salaire iriû Dont j'aurai pu payer les chevreaux et la mère.

Et, d'un si beau prétexte ardent à se servir, (i'est à moi que lui-même il viendra les ravir.

Commencé le vendredi au soir lo el Uni le diinanclie au soii

12 mars 1787.

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