OARISTYS DAPHNIS, NAIS
DAPHNIS
Hélène daigna suivre un berger ravisseur ; Berger comme Paris, j'embrasse mon Hélène.
NA.ÏS.
C'est trop l'enorgueillir d'une faveur si vaine.
DAPHNIS
Ah ! ces baisers si vains ne sont pas sans douceur.
NAÏS
Tiens, ma bouche essuyée en a perdu la trace. 5
H. — Imité de Théocrite, Id. XXVII (Brunck, Anal. XXXII). Quelques critiques attribuent cette idylle à Moschus. L'Oaristys est une idylle en forme de dialogue, une conversation familière (ôapKTTÙç) entre im jeune homme et une jeune fille. Voy. les nombreuses traductions en vers de Théocrite; traduite aussi par Le Drun. M. F. Didot se trompe quand il dit (Note sur Y Id. XXVII) que l'imitation qu'en a faite Chénier est « assez faible. » Sans doute on trouve çà et là dans Chénier des imperfections. Mais il ne faut jamais oublier qu'il n'a pu ni revoir ni corriger ses ouvrages; au surplus, quand on le lit beaucoup, on trouve du charme jusque dans ses imperfections mêmes.
Dans presque toutes les éditions de Théocrite, cette idylle a pour titre : 'GaftcTÙ? Aâçvioo; xai xôpYj;; l'édition de Florence, et, d'après elle, trois éditeurs, donnent : 'Oapi(îTiJ; Aâpviûûç xat Nriiôo?. Et Brunck, dont André suit le texte, remarque , Anal. lecl. 111, p. 8G, que rien n'empêche que le nom de la jeune fille soit Nais; mais ce qui a surtout engagé André à nommer ainsi la jeune fille, c'est que Théocrite, Id. VIII, 92, dit :
Krjx. toÛTw Aâqjviç uapà Tioi(j.é(n Ttpàto; É'yevto, xai vûtxcpav, âxpviêo; èwv eTi, Naloa yà^j-ev.