NUIT DE MOISSON
— L'ombre s'épaissit et des champs s'en vont les moissonneuses... Déjà s'éteignent au loin les pleurs et les rires des enfants, l'aboiement des chiens et le babil des femmes.
— La caravane des travailleurs s'en est allée et le calme a envahi les champs!... comme un immense camp guerrier, de tons côtés se dressent les meules des gerbes.
— La rosée commence à fumer sur tout l'espace des jaunes guérets, et la nuit est montée dans le ciel allumant doucement ses étoiles.
— Voici que paraît la jeune lune... transparent comme une buée dans la solitude du ciel, un petit nuage passe devant elle.
— On dirait qu'un être d'un monde inconnu, sous une robe blanche et la tête couronnée, se lève au-dessus des champs de labeur, une faucille d'argent à la main.
— Et qu'il envoie sa bénédiction sur les champs dans les éclairs d'été, pour que la peine des moissonneuses soit récompensée par la terre mouillée de leurs sueurs.