‹ PoésiesChapitre 35 sur 80 · COPIÉE SUR СЛ TOMBEAU · texte numérisé non relu

COPIÉE SUR СЛ TOMBEAU

— Le sort de celle qui repose ici ne fut point semblable au sort qui écboitaux autres mortelles. Oui ! Elle est morte — et elle vit en contemplant la lumière intarissable, toujours vivante pour ceux qui vivent! Et celui qui la considère morte est mort, en vérité, lui-même!... 0 terre! pourquoi fétonner de cette ombre pour toi nouvelle? quel signifie ta peur?

d'apollodore le gnostique 67

О lumière douce du coucher, ô fin d'un jour sans nuage — n'es-tu pas pour nous le symbole dune nouvelle phase de l'existence?...

Le regard charmé s'émeut devant ton déclin, mais le monde des astres s'allume et brille toujours plus fort au-dessus de lui... Les pâles rayons de la conscience terrestre s'éteindront, — mais la nuit qui vient n'est qu'une interruption de l'existence : l'esprit, délivré des chaînes, regagnera son image primitive, et la mort, en vieille amie, soulèvera le rideau des mystères éternels, et lui rendra la vue, à travers les obstacles de la matière, de tout ce qui est spirituel dans la création ; bonheur auquel dans sa captivité charnelle il osait à peine rêver.

— Plus haut, plus haut dans le tréfonds du ciel envole-toi, ô mon aigle, pour que le monde ter restre et étroit disparaisse de tes yeux !

— Soulève-toi dans ces parages, où, comme de: idées endormies, reposent les prototypes de I création, dans la beauté de leur pureté.

— Dans le monde clair où résident les âmes telles que le Créateur les a créées, des âmes qd n'ont pas connu l'exil dans la chair humaine !..

d'apollodore le gnostique 69

La poésie — c'est le sommet de la science, le xiomphe sur le mal et la passion; c'est elle qui зсіаіге toute la création.

En elle — la Divinité.

Sentir une fois sa splendeur — c'est oublier pour toujours tout ce qui est terrestre et passager.

Ne vivre que d'elle.

Ne connaître qu'un seul délice : celui de sentir l'esprit se pénétrer toujours davantage de la plénitude et de la perfection de ses beautés

Le voici déjà presque envahi par elle ; il ne reste qu'un instant pour recouvrer la vue, renaître là en s'unissant avec elle, — mourir ici !

Vous êtes en fêtes et réjouissances; le temple est brisé... Mais pourquoi, au clair de la lumière lunaire, ne passeras-tu pas sans terreur devant ses ruines?

Pourquoi, ému, devant le silence des cieux, attends-tu qu'il surgisse des apparitions ou des miracles d'une force ténébreuse et sans nom?...

d'apollodore le GXOSTIQUE 71

« A bas les icléals! » — menaçante clameur,— « c'est fini avec le mensonge de Toutre-tombe et la peur ! Notre siècle n'est grand et glorieux, que parce qu'il coupe tout a la racine et d'un seul coup ! le monde n'attend le salut que de nous —

en avant donc — et sans pitié ! »

Alors, comme un bomme ivre, comme un homme à peine réveillé, tu t'es proposé de tout détruire en confondant le symbole avec la vérité même... Enfant!... Ayant cassé le jouet, tu rages de n'avoir rien découvert dedans !

Tu profanes l'altar et l'autel et le calice, — mais est-ce donc en cela que le monde voit le gage de l'Espérance, de Г Amour et de la Foi? ils sont dans noire àmc, comme l'esprit delà vie est caché dans la semence delà Heur, et que peuventils contre eux, ton glaive couvert de rouille et ton bras d'enfant ?. . .

Des gouffres de l'Éternité, des profondeurs de la Création, aux questions brûlantes et à tes doutes, tu demandes, mortel, des réponses à l'instant même, et tu pleures et tu maudis le ciel, en fureur, parce qu'il ne répond pas aux cris de ton âme... Mais le ciel te regarde en souriant, comme une mère regarde son enfant capricieux, en souriant, — car il connaît tout, tous les mystères, et il sait qu'il est encore trop tôt pour toi de les connaître !

d'apollodore le gnostique

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