TOUS
Place! Place!
' (Les gladiateurs entrent. Deux à deux ils passent devant Decius, le saluent et se rangent ensuite en ordre au fond de la salle. Les esclaves poussent les couchettes pour faire de la place au combat. Decms et Lesbie gardent leurs places.)
LESBIE
Voilà qui est d'un goût romain ! C'est votre gloire et votre honneur, Romains! Oui... Oui, j'aime ça. Tu en tiens beaucoup? Je m'y connais : j'en achète moi-même, je les nourris, je les dresse et je les vends. Ça rapporte beaucoup !
DECIUS
Deux cent pour cent?
LESBIE
Si peu !
(Deux gladiateurs sortent au milieu de la salle.) LESBIE
Les hommes ne sont pas mal. Celui-ci, c'est u Gaulois, l'autre un Suève. Je tiens pour le Gaulo il et toi — pour le Suève ?
(Les gladiateurs s'avancent l'un vers l'autre, le Gaulois avec un glaive, le Suève avec une massue. Les coups tombent sur les boucliers.)
LESBIE (suivant le combat)
Perdu ! Ah non ! il s'est effacé ! Ce Suève est trop gras... Du reste, il est bon pour la massue. Le Gaulois, au contraire, est libre de ses mouvements et adroit, maigre et vif comme un lion de Libye î
(Le suève porte un coup terrible ; le Gaulois laisse tomber son bouclier.) DECIUS
Eh bien — tu as perdu !
(Le Suève lève de nouveau sa massue. Lesbie se met debout sur la couchette. Decius regarde, s'étant soulevé sur un coude.)
LYDA (sourdement)
Et Decius regarde !...
(Le Gaulois s'efface et le coup du Suève tombe sur le sol. Le Gaulois, lui enfonce vivement son court glaive entre les côtes. Le Suève tombe.)
LESBIE
.J'ai deviné ! Victoire ! (Elle applaudit et tous applaudissent rec elle. Le Gaulois, ayant mis le pied sur le Suève, interroge du regard ?sbie.)
LESBIE
Eh bien! finis-en î Vx victis !