‹ PoésiesChapitre 78 sur 80 · HYMNE DES CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

HYMNE DES CHRÉTIENS

I « Oh ! sereine et claire, limpide lumière matinale, tu nous conduis vers l'éternelle lumière, vers le jour infini... »

MARCELLUS

Eh bien, Decius! il est temps... avec les miens je

m'en Vais... adieu... Ш veut partir, mais revient et dit à Decius, en désignant les chrétiens :)Tu Vois — Ce SOnt toUS des âmes

vivantes — chacun a son esprit à lui, mais tous d'un môme amour, comme d'un soleil les profondeurs des ondes, ils sont éclairés !... il n'y a pas de chefs ici! Ce ne sont plus les hommes qui accomplissent les actes! Pour tous, comme à de simples instruments, les buts sont cachés ! Sans glaives, nous allons vers une victoire certaine ! Comprends que la parole nous est donnée d'en haut ! C'est l'esprit de Dieu qui passe sur l'univers comme un certain ouragan... Ce qui était lumière recule à l'ombre! tous les soleils s'éteignent! Un nouveau jour, un nouveau soleil se lève. Tout ce qui existait fuit comme une ombre. Homme orgueilleux, te cramponnant à l'ombre, te plaît-il de disparaître uvec elle dans l'obscurité des tombeaux, dans ton

orgueil insensé? T'étant constitué juge au-dessi de l'univers, jamais donc ne reconnaîtras-tu le paroles de la Justice divine?

DECIUS 'à Marcellus, fermement et expressivement)

Mon juge, c'est moi ! tout ce qui fait ma raiso et puissante et claire, tout m'a donné Rome; qui tous les dieux a la fois et avec eux tous les peuple! s'élancent contre moi, je ne leur céderai pas et ji

devance leur provocation... (Il prend La coupe: Lyda se je» vers lui, mais il la repousse.)

Arrière ! (a cynique.) Et toi, cours et crie à tous les Romains : que les ennemis sont dans vos murs, e que je meurs à mon poste pour Rome! pour Rom(

l'éternelle ! (H vide la coupe.)

LYDA f en se couvrant de ses mains la figure, tombe à genoux)

Dieu î Je n'ai pas eu assez de foi !

DECIL'S (en voyant les chrétiens qui sont entrés)

Loin de moi !

JOB

Dieu tout-puissant! pardonne-lui ses péchés vo-j

lontaires et involontaires ! (Rapprochant de Decius.) Et

toi, maître, pardonne-nous, si nous sommes des; coupables devant toi !

DECIUS (sévère)

Que vous faut-il ?

LYDA

Tes esclaves vont à la mort et prient, Decius, lue Dieu te pardonne et que tu les pardonnes aussi!

(Decius se détourne vivement d'eux.)

CYNIQUE

Ah çà ! qu'est-ce qu'ils ont tous? Et ils ne sont, ma foi, point fourbes, et ne mystifient pas ! Allez f onc. . . en voilà qui se créent des embarras ! . . . Tous des importants ! ai s'en va.)

DECIUS (se penchant sur la couchette)

Et si tous nous jugeaient ainsi, Marcellus?

LYDA (avec passion)

I II n'y aura qu'un jugement divin! Toi, Decius, tu aimais ce que tu connaissais ; tu connaissais Rome! et tu l'aimais beaucoup, tu t'es sacrifié, tu as souffert... Oh! ton sacrifice, Dieu saura l'apprécier !

DECIUS (avec haine)

Lyda! je vous aurais persécutés, si je vivais encore! je vous aurais fait déchirer par des bêtes féroces, je n'en aurais pas laissé un seul vivant!

LYDA (avec des larmes)

Tu nous aurais persécutés tant que tu n'aurai pas compris, tant que tu n'aurais pas vu coram Paul! Il y avaitde la droiture en toi. Tu te serai voué à la rédemption de tous les maux que tu a faits! tu aurais appris à pardonner... Oui!... i pardonner ! De la chrétienté le dogme, non, pas I< dogme — la vie ! — c'est le pardon, le pardoi continuel, l'éternel pardon!...

DECIUS (se soulevant et regardant fixement Lyda)

Pas la même!... pas la môme!... qui donc estu? Vision! donne-moi la main... (Avec effroi.) Une lumière autour de toi! Qu'est-ce? Quoi? (iitoM

et meurt.)

LYDA (s'agenouillani, devant lui)

11 était le seul qui me fût encore cher dans le monde ! . . .

MARCELLUS (regardant Decius)

Fils du siècle ! la lumière était devant toi... Tu ne l'as pas vue !

(Le soleil éclaire complètement la scène.) MARCELLUS

Déjà le soleil ! Le voici, le voici notre jour!

LYDA (se levant)

Л Toi, maintenant, Seigneur, toute, toute à Toi !

JOB

Gloire à Toi, à Toi qui nous as montré la lu-

Ris se joignent aux chrétiens et s'en vont avec eux au chant de hymne : Oh! sereine et claire... Le rideau tombe.)

BRJNEGUILDE

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