‹ PoésiesChapitre 16 sur 74 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

PoTirsuivro ce qui fuit, rêver ce qu'on ignore, S'ouvrir une blessure impossible à guérir, Hàler la trahison que garde l'avenir A ceux que l'idéal implacable dévore ;

Fuir ce qu'on peut aimer, clierclier ce qu'on adore, Ce qui peut être est mort ou vous fera mourir, C'est folie et pitié ! Car nul ne sait encore Si le bien de savoir vaut le mal de souffrir.

J'ai, jusque sous la dent de l'antique chimère, Voulu ravir le fruit dont la science amère Tente ironiquement les cœurs audacieux.

Pour monter dans l'azur j'ai déserte la vie,

Et cependant je porte une secrète envie

A tous ceux que la terre a consolés des çieujj!

liO LA VIE.

GLORIA YICTIS

.lésus, la croix iiisiilto à plus d'iiiio poloiice (lu d'aussi grands que loi sont morts désespérés. Oui jiourrait les compter les martyrs ignorés Dont une mort infâme a ])uui la constance?

Bien d'autres ont souffert, Sauveur du genre humain, l*our le rêve insensé des choses immortelles! Mais leurs religions, Jésus, où donc sont-elles? Quelle houche a haisé leurs pas sur leur chemin?

Us portaient, comme toi, des mondes dans leurs tètes, Que l'ouhli, dans ses flots, a noyés sans remords. Naufrage sans témoins! Ils sont morts deux fois morts! — Le Ciel a refusé sa foudre à leurs tempêtes. —

Ta mort fut douce, à toi, de charmes infinis : Sur le sein d'un ami tu bus le dernier verre Et Madeleine en pleurs consola ton calvaire. Comme autrefois Vénus les mânes d'Adonis.

Mais vous, sombres martyrs des œuvres méprisées, Au pied de vos gibets les loups seuls sont venus, Et les vents seul§ ont bu les sanglantes rosées Que poussait l'agonie à vos fronts méconnus

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