‹ PoésiesChapitre 21 sur 74 · DEUX PETITES FILLES · texte numérisé non relu

DEUX PETITES FILLES

Gomme im couple de cygnes blancs Harmonieuses à décrire, Sur deux visages dissemblants, Elles ont le même sourire.

Le même regard dans leurs yeux S'attendrit quelquefois ; mais l'une Prit le sien au soleil joyeux, L'autre à quelque rayon de linie \

Et, bien que le même printemps Effleure leur petite joue..

Voici déjà de longs instants Que l'une rêve et l'autre joue;

Songes d'or et vives chansons, Elles ont fait leur part entr'elles : L'une suit le vol des pinsons, L'autre celui des tourterelles.

Mais leur cœur fraternel sait bien Où se croise leur double voie ; Un tendre et mystique lien Unit ce calme a cette joie,

Et, sous le même enchantement Que les ileurs discrètes des mousses, S'épanouissent chastement Leurs âmes jumelles et douces!

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PELEBLXS

Les pèlerins cVnmour, sublimes voyageurs, Seuls affrontent pieds nus nos sentiers de misère ; Les yeux souvent au ciel, égrenant un rosaire De chansons et de pleurs.

Ils s'arrêtent au bord des sources altérées, Pour baiser, sous les fleurs, des pas mystérieux; Us portent ù leur cou des reliques sacrées Qu'ils cachent à nos yeux.

Au revers d'un fossé de leur route infinie, Us s'endorment un soir, comme l'oiseau s'endort. Nul ne connaît leurs noms, car leur muet génie Est frère de la Mort !

Parfois, sur le chemin que leur marche ensanglante, Le sombre chœur des gueux et des déshérités, Comme un troupeau de bœufs que le fouet tourmente, Pousse sa si'î^iide voix dans les immensités.

Et la nuit seule entend Kui' clameur insensée Qui roule, sous l'azur, le bruit sourd de ses flots. La majesté des cieux n'en est pas offensée ; Le vide boit leurs cris cl le vent leurs sanglots !

Mieux vaut au pèlerin que trahit son courage. Fuir les sentiers perdus qu'a brûlés le soleil. Et, muet, s'endormir sous le cruel ombrage Où la jalouse Mort vient punir le sommeil.

Moi, je mai\hc toujours, sans plainte et sans colère Il n'est de pauvreté qu'au cœur sans souvenir. Je porte dans mon àme un trésor de misère. Et mes jours sont remplis d'aimer et de souffrir!

InO LA VIE.

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