I . Victor Hugo
PREFACE
ettent leurs cœurs, on doit en conclure que l'inconstance est la soucoupe où Montreull a posé sa tasse. Après la sénéchale de Rennes, les commérages du temps ne nous ont guère révélé que le nom de M""* Burin parmi les innombrables victimes du jeune abbé. M'"'' Burin était la femme d'un simple commis de Jérôme de Nouveau, seigneur de Fromont, surintendant des postes; elle se nommait Bcrtaminde, en langage précieux', et ne demandait qu'à rester la plus vertueuse des femmes et la plus chaste des épouses, si M. Burin n'avait tenu lui-même à s'engager sous la loi du cocuagc. Ce sot mari était épris de bel esprit; il voulut faire de son salon une assemblée et de sa femme une Arthénice; il la conduisit chez Ninon, chez cette dileltante du vice, dans ce repaire de la haute galanterie spirituelle; mais M'"° Burin sut y isoler son honneur, et sa vertu tint bon. C'est alors que son niais époux introduisit Montreuil chez lui. « Ce fut Burin, dit Tallemant^, qui mena Montreuil à sa femme, disant qu'il falloit attirer les gens d'esprit. Elle ne songeoit pas avant cela à la galanterie. « Or Montreuil le fou, Montreuil, « mille fois plus étourdi qu'un hanneton », comme l'appelait M""= de Sévigné ; Montreuil, cet
1. Dictionnaire des Précieuses, t. II, p. 184, édit. Ch. L. Livet.