‹ Poésies. Augm. de pièces inédites. Publiées avec pref. et notesChapitre 9 sur 24 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

abbé Lauzun, s'empressa de profiter de l'imbécillité d'un tel mari. Il embrasa le cœur de celte Lucrèce, il y alluma les désirs; il sut se faire aimer et être heureux '. Il fut bientôt universellement connu que legentil poète était l'amant de M""^ Burin : les petits vers que celui-ci laissa courir, son étourderie, tout ne servit qu'à proclamer la vérité, et Saumaise, en parlant de Miiranc, c'est-à-dire de Montreuil , put le peindre ainsi qu'il suit^ :

« Mitrane est d'une profession qui semble estre attachée à la galanterie : aussi est-ce un fort galan^ homme. Il a un art tout particulier pour se faire estimer des dames; entre autres Bertaminde (M"'^ Burin) est une de celles dans la confidence de qui il a esté le plus avant. Je ne voudrois pas dire qu'il en a esté aiméj car je jure qu'il ne m'en a jamais fait la confidence ; mais je sçay bien qu'il a fait des vers fort touchans et fort estimez de tout le monde, que l'on disoit estre faits à ce sujet. Il réussit admirablement en matière de tendresse, et se tire à son honneur de tout ce qu'il entreprend dessus d'autres matières. »

« On ne sait, dit M. Edouard Fournier dans une aimable notice sur notre abbé 5, de quelle maîtresse

1 . Nous croyons que c'est à M"**^ Burin que Montreuil ëcri vit cette )olie chose : » Vous estes de toutes les dames la moins propre à faire l'amour en faisant vostre devoir. »

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