PO 1 M ES NATIO 2\J
Toujours sur leurs pas revenir!
lit sur tes murs souillés de mensonges notoires,
Tu lisais, sans te révolter, Rédigé par tes chefs, le récit des victoires
Qu'ils n'ont jamais su remporter!...
Patience sans nom! — O toi qui sus attendre,
Paris! comment trop t'admirer, Du découragement toi qui sus te défendre,
Toi qui sus toujours espérer!
De toute part cernée! une triple ceinture
De sang, et de flamme, et de fer, T'enveloppe et te voue à l'atroce torture
Que Dante évoque en son enfer.
Comme Ugolin, tu vois — angoisse maternelle!
Tes fils mourir à tes côtés.
Ton courage ulcéré t'inspire, et ta prunelle
S'emplit de soudaines clartés.
Stoïque, te dressant sur ta tombe vivante,
Les yeux perdus à l'horizon.
Tu songes... Ta pensée indomptable et fervente
S'évadera de ta prison.
Elle ira, du Teuton trompant la lourde veille,
IZlle ira du vol de l'éclair,
2j8 LES ÉPAVES
Sur une nef ailée, intrépide merveille,
Ouvrir sa route aux champs de l'air.
Le ciel du moins est libre ! Allez à pleines .nies,
Ballons et ramiers messagers, Allez! et que la France ait par vous des nouvelles
De la ville aux fiers assiégés...
Autour de toi la plaine est nue et désolée,
Ton fleuve y dort, morne et glacé :
Les bourgs incendiés fument dans la vallée,
Les bourgs où la Prusse a p.
Debout sur tes remparts et la main sur ton glaive,
A tes pieds les canons béants, Tu suis d'un long espoir le ballon qui s'enlève,
Fendaut l'espace à bonds géants.
Il va... Souillez du Nord, vents aux ailes de neige,
Montez du sol, brouillards légers, Voilez au Hun qui guette, accroupi dans son piège,
La nef aux hardis passagers!
Le ciel est une issue, et l'espace une voie :
Montez, globes navigateurs ! Pour atteindre le but où Paris vous envo
Des cieux traversez les hauteurs.
Volez au sud, volez vers la tiède Provence,
Vers l'Ouest, la terre aux genêts d'or; Que l'âme de Paris sur vos ailes devance