‹ Poésies (volume 2)Chapitre 87 sur 91 · I.a foudre au fulgurant essor · texte numérisé non relu

I.a foudre au fulgurant essor

Hâtez-vous! — Vous portez en vos flancs, lest sublime,

L'espoir, le génie indompté, L'exemple et l'héroïsme et la fortune opime

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De la trois fois sainte Cité !

Hâtez-vous I — Dans la nuit, que l'étoile attendrie,

VOUS contemplant dit fond du ciel, Éclaire votre vol qui porte à la patrie

Les voix d'un héroïque appel I Hâtez-vous! — Au delà des plaines, des montagnes,

Abattez-vous, ballons sauveurs, Embrasant, feu sacré, villes, bourgs et campagnes,

Suscitant partout des vengeurs!

Hâtez-vous! — Haut et loin, aile/ dire à la France

Qu'ici pour elle on sait souffrir; Allez dire aux vivants notre altière espérance,

Salut de ceux qui vont mourir.

Mais vous, revenez-nous, facteurs aux blanches ailes,

O cliers oiseaux compatissants!

Revenez à nos coeurs glacés d'affres mortelles

Parler d'espoir et des absents.

Des grèves et des monts, des hameaux et des plages.

Revenez-nous, courriers ailés! Sur nos toits sans foyer répandez vos messages,

Et nos toits seront consolés.

Dites-nous que la France, accélérant sa marche,

L'éclair aux veux, le glaive au flanc, Accourt. — Soyez pour nous, soyez l'oiseau de l'Arch;

Dans ce déluge aux flots de sang!

Que votre vol au loin, croisant le vol des bombes,

Dessine à nos yeux dans les airs L'arc-en-ciel prophétique, o propices colombes,

Disant la tîn de nos r

En souvenir des maux sans nom, des maux s.ms larmes

Subis en des jours exécrés, La ville de Paris gravera dans ses armes

Votre symbole, oiseaux sacrés !

Planant sur un navire en péril, mâts sans vergue,

Agrès rompus et flancs meurtris, On lira dans votre aile éployéè en exergue

Ces mots : « Les sauveurs de Paris ». Sauvez donc! oh! sauve/, la sainte capitale

De la défaite aux durs affronts I Allez aux quatre coins de la terre natale!

Partez, ramiers!... Nous attendrons.

Torture de l'attente ! angoisse inénarrable !

Espoirs trompés! vœux méconnus!

Les ramiers ont rejoint la Cité vénérable.

Mais seuls ils y sont revenus!

Ce n'est pas tout. — Après cent et cinq jours de siège, Mettant le comble à ses forfaits,

Ville auguste I le Hun barbare et sacrilège Sur tes temples, sur t

PO I '.MTS \.\ II os aux 261

A dirige l'essor des bombes meurtrières.

Dans ton ciel qu'empourpre le soir, J'.ii vu, sinistre essaim d'oiseaux incendiaires,

Des obus monter le vol noir, Puis, déchirant l'espace et choisissant leur proie,

Globes ailés d'où l'éclair sort, Sur tes toits effondrés que l'airain troue et broie

Répandre la flamme et la mort!

J'ai vu sur tes clochers, tes dômes, tes musées,

L'âpre essaim, à bonds acharnés, S'abattre et rejaillir, fulgurantes fusées!

Le frais berceau des nouveau-nés, L'hospice, abri sacré que la souffrance habite,

Ht tes places et tes marchés Sous l'orbe aux mille éclats, explosion subite,

De lambeaux humains sont jonchés!

Membres épars, débris fumants, spectacle horrible !...

Comme l'antique Niobé Contemplant sous les traits du Tueur invisible

Ses fils, groupe à ses pieds tombé, Paris, 6 Cité mère à l'immense agonie,

O Xiobé des nations, Vois, muette d'horreur, vois de la Germanie

Les héroïques actions!...

Ne pouvant te dompter, ne pouvant te réduire

Par l'arme du brave et du preux, Sa rage incendiaire aspire à te détruire,

lit de loin te couvre de feux!

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Haine de l'étranger, Maine chère et sacrée.

Verse en nous ta sainte fureur !

Emplis mon cœur, grandis dans mon âme ulcérée.

Grandis au niveau de l'horreur Qu'inspirent les forfaits d'une exécrable engeance!

Œil pour œil, Haine! et dent pour dent. Allume par mon chant le feu de la vengeance !

Embrase à ton charbon ardent Ma bouche, et que ton cri jaillisse de ma lèvre !

Pour qu'il soit de tous répété, Donne à ma voix l'accent dont un peuple s'enfièvre;

Donne à mon vers l'intensité De mon amour pour toi, Haine altière et farouche!

Contre un vainqueur savant au mal, O vaincus, que la Muse évoque en votre bouche

L'antique serment d'Anniball Haine de Pétanger, Amour de la patrie,

Mon double culte désormais, Si nos cœurs défaillants, si notre âme amoindrie

Pouvaient vous oublier jamais ; Si le serment vengeur aux promesses stoïques.

Nous oubliions de le tenir, Levez-vous de la tombe, ô nos morts héroïques,

Pour nous en faire souvenir !

l'OÏ H I - NATIONAUX 263

Levez-vous, du devoir ô victimes austèresl

Levez-vous tous, jeunes et vieux, Ignorants et lettrés, nobles et prolétaires

Dont la mort a glacé les veux !

Regnault, vaillant artiste à la splendide toile,

Lambert, courageux voyageur, Seveste, qui payas d'un beau trépas l'étoile

De la patrie et de l'honneur; Dampierre, et toi, Grancev, soldats de souche antique,

Et vous aussi, Coriolis, Vieillard auguste en qui l'amour patriotique

Triompha de l'amour des lys; Vous qui sûtes mourir, rêvant la délivrance,

Comme seraient morts vos aïeux, Dont le sang teint toujours la bannière de France!

Martyrs bénis et glorieux, Levez-VOUS du coteau, levez-vous de la plaine.

De la tranchée et du sillon, De la i'osse sans fleurs de votre vertu pleine,

De Buzenval, de Châtillon, De tous ces lieux témoins de vos luttes sublimes,

Héros dont chaque nom cité, Sanctifiant mon vers, verserait sur mes rimes

Un reflet d'immortalité !

O nos morts bien-aimés! découvrant vos blessures,

Levez-vous tous de vos cercueils !

Secouez à nos veux oublieux ou parjures

Les plis sanglants de vos linceuls!

Venez nous rappeler l'homicide furie,

Les forfaits de l'invasion, La Prusse en nos cités promenant la tuerie,

Semant I.i dévastation !

Comme aux murs d'Elseneur, victime fraternelle,

L'Ombre d'un père assassiné Armait le cœur d'Hamlet de sa haine éternelle

Contre un meurtrier couronné; O martyrs! dans nos nuits, 6 héros! dans nos veilles,

Apparaisse/ ! répétez-nous Ces mots sacramentels vibrant à nos oreille- :

« Souvenez-vous! souvenez-vous! »

Souvenez-vous du Nord déchaînant ses repaires

Sur nos champs, nos toits saccagés 1 Vivants ! souvenez-vous qu'en les vengeant vos pères

Sont morts et ne sont point vengés !

Souvenez-vous des maux sans nom, des durs outrages

Par notre France, hélas! soufferts; De l'Alsace expiant ses fidèles courages

Par l'abandon et dans les fers!

Souvenez-vous du joug où gémit la Lorraine!

due le briser soit votre espoir!

Fils d'un sol envahi, que pour VOUS tous la haine

De l'étranger soit le devoir!

Souvenez-vous enfin que soûle de carnage,

Se gorgeant d'or sur nos débris, docte Allemagne, en sa fureur s air

A rêvé de brûler Paris !

- \ \ flON a t.- \ 26s

Oui, voilà vos exploits, 6 héros platoniques,

Guerriers doublés de songe-creux, Blonds amants des Gretchen, meurtriers germaniques,

Docteurs et pédants langoureux I Parlez-nous maintenant de progrés, de lumière,

Fils de la Prusse, hommes du Nord !

Sous le savant en vous gît la brute première,

Le sauvage en vous n'est pas mort.

La science en vos mains sert froidement vos haines,

Lt les arts vos duplicités; Votre instinct carnassier, loups à faces humaines.

Se trahit à vos cruautés !

Le gentilhomme en vous déguise mal le reitre

Qpe le passé nous révéla.

Allez! vous êtes bien les lils de votre ancêtre,

Les dignes enfants d'Attila!

Eh bien! montrez-vous donc, o races prolifiques,

Ce que vous êtes en effet I N'affichez plus ces airs aux candeurs pacifiques!

Tuer, piller est votre fait !

Les richesses d'autrui par vous sont convoitées;

Du voisin vous lorgnez le sol Pour y placer à l'aise et loger vos portées!

La ruse, le meurtre, le vol.

Voilà votre héroïsme et vos vertus guerrières !

Et vous parlez de liberté, Vous dont le dos subit la schlague et les l.im

Qu'ourdit la féodalité; Vous qui courbez vos reins, vous qui pliez vos tètes

Sous de grotesques hobereaux; Vous qui, pour assouvir votre soif de conquêtes,

A vos rois servez de bourreaux!

Arrière, vils bourreaux! vils esclaves, arrière!

Entre vous et les nations Se dressent désormais, menaçante barrière.

Vos sanglantes ambitions.

Honte à vous! vous avez déshonoré la guerre

Par vos cyniques attentats.

Le Droit n'existe plus qui protégeait naguère

L'antique assise des États.

En un siècle de paix et de luttes sereines,

Aux fraternels enfantements, Vous venez de rouvrir d'homicides arènes

Pour de futurs égorgements ; En des jours de progrès ramenant les ténèbres,

Le moyen âge et ses terreurs, Vous avez rallumé par vos forfaits célèbres

Du passe les sombres fureurs:

Foreurs de race à race, inextinguible haine!

Par vous, l'incendie attisé, Passantd'un peuple à l'autre, au vent qui le déchaîne,

Aura bientôt tout embrasé.

O conflagration des peuples en démence!

Stupide, universelle horreur!

Faut-il que le passé de nos jours recommence

Pour qu'un Gothon soit empereur!

Eteignez-VOUS, lumière, art, science, industrie!

Ce recul de l'esprit humain, Ce retour vers la nuit et vers la barbarie- Est ton œuvre, Empereur germain !

Adieu, rêve sacré de paix et d'harmonie!

Adieu, sainte fraternité Des peuples! — Votre crime, hommes de Germanie

Crime de lèse-humanité, Est de ceux que le ciel, à défaut de la terre,

Un jour ou l'autre doit punir.

Le présent contre vous, vengeance héréditaire,

Lègue sa dette à l'avenir; Et l'avenir paîra cette dette funeste

De sang et d'exécration !

Car ce n'est pas vers Dieu l'homme seul qui proteste C'est toi, Civilisation !

Depuis l'heure maudite où sur la croix immonde

I juif impur et furieux Vit pâlir et mourir la Lumière du monde.

Jamais forfait plus odieux N'épouvanta la terre, 6 race âpre et brutale.

Qu'à l'heure OÙ vous ave/ porté Votre main sur Paris, la sainte capitale,

Tête et cœur de l'humanité!...

Qu'avait-elle donc fait pour valoir vos vengeances?

Fervent asile des proscrits.

Refuge des penseurs et des intelligences,

Pôle et foyer des grands esprits, Elle a toujours été pour tous hospitalière.

Même, hélas! pour ses ennemis.

A partager son pain de vie et de lumière.

Peuples, vous étiez tous admis!

Dans la science et l'art proclamant vos victoires,

A vos succès faisant accueil, A grandir vos talents, à consacrer vos gloires

Elle mettait son noble orgueil.

Et vous, les bienvenus chez elle, race ingrate,

Blonds sournois doubles d'assassins!

Contre elle, cinquante ans, votre .'une scélérate

A couvé les plus noirs desseins.

Ne pouvant au passé pardonner vos défaites.

Au présent sa prospérité, Cinquante ans, vous avez, convives de ses fêtes,

Trahi son hospitalité I Fouillant ses murs, scrutant ses mœurs, notant ses fautes.

Rôdeurs d'égouts, vils scorpions, Cinquante ans, vous ave/, dans son sein, vous ses hôtes,

Fait l'abject métier d'espions!

Cinquante ans, ruminant vos haines misérables,

Lynx pour voir, taupes pour ramper, Vous avez guetté l'heure et l'endroit vulnérables

Par où vous pourriez la frapper!

Et quand elle eut sonné, l'heure à jamais néfaste,

Vos moyens prêts, vos projets mûrs, Vous vous êtes, hurlant le hourra qui dévaste,

En foule rués sur ses murs!

Eh bien! ces murs sacrés à vos bandes traîtresses,

A vos fureurs ont résisté, Ht vous n'avez vaincu ni pris les forteresses

De l'antique et brave Cité.

270 I-HS ÉPAVES

Ce n'est point par la voie aux portes triomphales

Qu'en ses murs vous êtes venus, Comme autrefois venaient tïers dans vos capitales

Nos aïeux, à Berlin connus!

Ce n'est point le front haut, conduits par la Victoire,

Qu'en nos murs vous serez entrés, Mais par la porte basse, ouverte à l'Aigle noire

Par tous les fléaux conjurés.

Devant ces murs d'airain que la foudre illumine,

Vainqueurs, vous avez reculé!

Ce n'est point avec vous, c'est avec la famine

Que Paris a capitulé !

Capituler I ô deuil! Capituler! ô rage!

Revers plus amer que la mort!

Avoir tant dépensé de sang et de co

Ah! tu méritais mieux du sort, Héroïque Cité! vaillante infortunée!

Au jour de ton écroulement, Plus grande que ta chute et que la destinée,

Devant l'azur du firmament, Devant le monde et Dieu, devant l'Europe entière

Qui sut tout permettre et tout voir, Tu peux du moins, tu peux lever ta tête altière,

P.iris! car tu ris ton devoir 1...

Montre .'i ces nations, inertes spectatrices

De t.i lutte et de tes revers, Montre ton noble front aux nobles cicatrices!

Reste en exemple .i l'univers!

Dans la rude tourmente où ta barque s'abîme,

Où dort notre espoir naufragé, Du moins, toujours debout, comme un phare sublime,

Ton honneur brille, insubmergé !

Dans ce désastre où peut sombrer la République

Tu n'as rien à te reprocher.

Hors d'avoir mis ton .'une et ta nef symbolique

Aux mains d'un inepte nochei !

Donc, tout est consommé! Contemplant ta défaite

O France! et ton affliction, L'Europe qui t'admire est au fond satisfaite

De ton humiliation.

Les gens de Magenta, les hommes de Crimée,

Hier encore alliés soumis, Te disent, aujourd'hui que tu n'as plus d'armée.

Ce qu'à Job disaient ses amis.

Des services reçus fragile est la mémoire!

Le vaincu toujours aura tort.

Triste défection dont rougira l'Histoire!

Malheur au faible! gloire au fort!

La Force est désormais le Droit. En politique,

La Force est tout, et rien le Droit!

Le vainqueur plaît aux dieux ! c'est à Caton d'LJtiquc

Que plaît le vaincu maladroit.

Faisons comme les dieux, peuples! L'ingratitude

Est une armure à notre cœur.

Oublions la victime et, sage multitude,

Allons acclamer le vainqueur!...

O nations, bétail des rois, brutes de somme.

Brutes sans foi, sans amitié! — Dieu juste! qui verrait à nu le coeur de l'homme

Mourrait d'horreur ou de pitié!

Résigne-toi! subis les hontes de l'Empire, O France! et ton abaissement.

Des fautes du passé que le présent s'inspire Pour en garder l'enseignement.

Souffre, travaille, espère, et sème en tes ruines D'un riche avenir la moisson.

Du produit de tes champs, du fruit de tes collines l'aie à l'Allemand ta rançon.

Libère-toi d'abord, reste France et loyale!

Gorge d'or ton vainqueur repu.

Un jour il le rendra cette rançon royale

Et tout le sang qu'il t'aura bu !

Laisse venir le jour des complètes revanches,

Jour vengeur de l'iniquité!

A l'arbre mutilé reverdiront ses branches :

Tu referas ton unité.

Attends le jour sacré des justes représailles.

Comme Antée à terre abattu, Appuyée à ton sol aux vivaces entrailles,

Reprends ta force et ta vertu.

Refais ton sang, refais tes mœurs! d'une main ferme

Jette au loin tes corruptions, Tes rois, tes empereurs! Sois libre! A jamais ferme

L'ère des révolutions!

Depuis quatre-vingts ans, France, ta marche oscille :

Changeant de dogme et de contrat, Essayant tout, tu vas du fourbe à l'imbécile,

De l'imbécile au scélérat!

Cesse enfin ce jeu sombre où pâlit ta fortune;

Mets en toi seule ton espoir.

Chasse des prétendants la cohue importune,

En tes mains garde le pouvoir.

Ils s'offrent à l'envi pour guérir tes blessures :

Docteurs pourvus d'orviétans, Ils reviennent de loin, leurs recettes sont sûres;

Mais qu'on se hâte ! il n'est que temps ! Il est temps, en effet, que ta voix congédie

Tous ces revenants du passé !

Abjure tus erreurs, 6 France I et répudie

A jamais tout pacte insensé.

L'Empire et ses fauteurs t'ont conduite à l'abîme;

Ils sont prêts à t'y replonger :

Leur œuvre est sous tes veux et les juge, ô victime

Par eux livrée à l'étranger!

A l'heure du péril leur superbe prudence

Se pavanait sous d'autres cieux; Les voici de retour : misérable impudence!

Cynisme trois fois odieux!

Ton salut les réclame, ils sont prêts : anathème

A ces sinistres charlatans!

Sauve-toi des sauveurs en te sauvant toi-même !

France, ma mère! il en est temps.

Ton salut désormais ne dépend de personne,

Mais de tous, France, mais de toi!

Garde en ta main le sceptre, à ton front la couronne :

Tes fils accepteront ta loi.

Loi d'un monde nouveau, loi de l'ère nouvelle

Dont l'aube blanchit l'horizon, Lt des printemps futurs à notre hiver révèle

L'éblouissante floraison.

H.ite ces jours prédits, cette terre promise

Aux vaincus plovés sous leurs fers.

Sois la colonne ardente, 6 France! et le Moïse

Des peuples en marche aux déserts.

Comprends ton rôle, assois l'édifice civique

Où tous enfin puissent s'unir I Résumant ton passé, seule, la République

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Peut embrasser ton avenir.

Abrite et ret'.iis-toi sous sa puissante égide;

Parmi les nations, tes sœurs, Remonte à ton rang ! sois leur prophète et leur guide,

L'apôtre aux verbes précurseurs, Annonçant à l'Europe, où désormais chancelle

L'œuvre des tyrans exécrés.

Ton œuvre à toi : la République universelle

Des peuples par toi délivrés!

Fonde-la par l'exemple et l'ardeur magnanime

D'un cœur plus haut que ses revers. Venge-toi du vainqueur, venge-toi de son crime

Par tes bienfaits sur l'univers.

Que Je tes maux sans nom l'épreuve soit féconde,

O France! pour l'humanité :

.Mère immortelle, épanche à jamais sur le monde

La lumière et la liberté!

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