‹ PoésiesChapitre 41 sur 48 · LA NUIT · texte numérisé non relu

LA NUIT

Nuit bienfaisante, ô Nuit! mère des molles trêves, Sur ces fronts épuisés de peine et de labeurs Verse, avec le sommeil, les brises et les rêves, Verse l'oubli sacré des terrestres douleurs !

Et tout dort, et partout l'ombre épaissit ses voiles. Seule, aux feux dont le ciel emplit ses bleus déserts, La blanche Rêverie, amante des étoiles, Seule médite et veille, assise au bord des mers.

De la plage, en mourant, l'onde argenté les sables. Au large, balancés au lent roulis des eaux, Les navires du port, ondulant sur leurs câbles, Se bercent endormis comme de grands oiseaux.

Dans le vide étoile la montagne aux trois cimes Plonge, sombres et fiers, ses cônes sourcilleux. Et, coupant l'horizon de ses lignes sublimes. Montre son noir profil sur le fond bleu des cieux.

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