‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 11 sur 162 · POKSIKS · texte numérisé non relu

POKSIKS

De ces faits non cuiiiiniins la merveille luolonde , Qui par la main (riin seul ëtonnoit tout le monde, Kt tant d'autres enror, me dévoient avertir Que, si pour leur auteur jVndurois de l'outrage, Le même qui les fit, en faisant davantage, Quand on m'offenseroit me pourroit garantir.

Mais, troublé par les ans, j'ai souffert que la (rainte Loin encore du mal , ait découvert ma feinte , Et sortant promptement de mon sens et de moi , Ne me suis aperçu qu'un destin favorable M'offroit en ce danger un sujet honorable D'acquérir par ma perte un triomphe à ma foi

Que je porte d'envie à la troupe innocente De ceux qui, massacrés d'une main violente, Virent dès le matin leur beau jour accourci ' ! Le fer qui les tua leur donna cette grâce, Que si de faire bien ils n'eurent pas l'espace , Ils n'eurent pas le temps de faire mal aussi.

De ces jeunes guerriers la flotte vagabonde AUoit courre fortune aux orages du monde, Et déjà pour voguer abandonnoit le bord, Quand l'aguet d'un pirate arrêta leur voyage;

i. Celte im 'ue charmante, et devenue commune, est exprimée île la manière la plus fraîche et la plus heureuse. Il suffit presque de ce mauvais poème-là pour voir que Malherbe était né à la poésie française.

A. ClIKMEH.

Page 1