LIVRE m
Et, sans l'usage des charrues, >'os plaines jaunir de moissons?
Quelle moins hautaine espérance Pouvons-nous concevoir alors , Que de conquêter à la France La Propontide en ses deux bords , Et, vengeant de succès prospères Les infortunes de nos pères Que tient l'Egypte ensevelis.
Aller si près du bout du monde.
Que le soleil sorte de l'onde Sur la terre des fleurs de lis ?
Certes ces miracles visibles , Excédant le penser humain , Ne sont point ouvrages possibles A moins qu'une immortelle main; Et la raison ne se peut dire De nous voir eu notre navire A si bon port acheminés ; Ou sans fard et sans flatterie, C'est Pallas que cette Marie Par qui nous sommes gouvernés.
Quoi qu'elle soit , nymphe ou déesse , De sang immortel ou mortel , Il faut que le monde confesse Qu'il ne vit jamais rien de tel ,
I«>s POKSIES.
Et quiconque fera l'histoire ne ce gianil clief-d'uMivre de fîloii L'incrédule postérité Rejettera son témoignage, S'il ne la dépeint belle et sage Au deçà de la vérité.
Grand Henri , grand foudre de guerre Que cependant que parmi nous Ta valeur étonnoit la terre , Les Destins firent son époux ; Roi dont la mémoire est sans hlilme.
Que dis-tu de cette belle amc , Quand tu la vois si dignement Adoiftir toutes nos absinthes, Et se tirer des labyrinthes Où la met ton éloigneraent ?
Que dis-tu , lorsque tu remarques Après ses pas ton héritier De la sagesse des monarques Monter le pénible sentier , Et, pour étendre sa couronne, Croître comme un faon de lionne:
Que s'il peut un jour égaler Sa force avccque sa furie.
Les Nomades n'ont bergeiie Qu'il ne sunisc à rl(''>o|rr.
I,IVRK III. 190
Qui doute que, si de ses armes *
lliou avoit eu l'appui ,
Le jeuue Atride avecque larmes
Ne s'en fût retourné chez lui ,
Et qu'aux beaux champs de la Plirygie
De tant de batailles rougie ,
Ne fussent encore honorés
Ces ouvrages des mains célestes
Que, jusques à leurs derniers restes,
La flamme grecque a dévorés ^ : •
). Tournure vive et lyrique.
ïoule cette strophe est très-belle, fort bien écrite, et termine l'ode à luerseille C est une source inépuisable et sûre de poésie que de savoir ainsi désigner les événements par leurs circonstances et par les conséquences qu'ils enlraîneut. J'ai oublié comment les rhéteurs appellent cela.
\ CUEMUl.