‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 153 sur 162 · FLEURS DE SÉNÉQUE · texte numérisé non relu

FLEURS DE SÉNÉQUE

Cousumpsére se quidam, dum ai la resum externorum componunt, quaeque passi iuviceiu ausique suut populi. ... Quanlô saiiùs est sua tnala eitinguere, quàm aliéna pos'.ens iradere!... Quanto poliùs Deorum opéra celebrare quàm Philippi aut .\leiandri latrocinia!

SÉ>ÈQCE, ei lib. 12) De quœst. nov.

\l l.VJ.WA W.

l-f-rteiii . si tu crains Dieu, je ne crains point ta censure pour mon intention : tu la trouveras sainte ef bonne, coinnie tendant à l'honneur de Dieu, aujourd'hui tant dé[)risé [tar les jirands du monde, et voulant montier a tous ceux qui hlà ment le train de vie que je suis, que ma solitude me i)laît bien, et fuyant ici le> compagnies, que j'aime trop mieux vivre en mon particulier, pauvre et en paix, qu'avec les autres riches et sans repos, et toujours avec quelque doute en ma conscience. Pour les vers, je les abandonne à ta lime ; j'apprendrai de toi leurs manquements et déformités, que je ne saurois pas peut-être si bien apercevoir comme tu pourras faire, pour raison du fol amour cpii ordinairement nous aveugle au jugement de nos enfants. Je serai Apelle cependant derrière le rideau, attendant ou ta faveur qui m'encourage, ou ta censure qui m'apprenne une autre fois à faire mieux.

A L'OMBRE DE SENEQl E.

Chère ame, dors en repos * , Puissent dessus ta tombe naître Mille lauriers, et toujours être La terre légère à tes os.

Reçois ces roses et ces lis Que pour toi chez toi je cueillis, Afin d'honorei ta mémoire ; Les (leurs de chez toi seulement Peuvent faire honneur dignement Aux beaux mérites de ta gloire.

». Il manque une syllabe à ce ^ers. Ce ni si p.is le siul de mesure inepale qui st icnconlre dans le Bocqi et. on se bornera a relever celui-ci Le lecteur ft-ra, dans chaque pièce, aussi bien pour la \crsiOcalion elle rliyliinie que pour la langue et le goût, la part di- l'inexpénenie et de hi jeune^se. V. 1.1 Noiirc. r.nii.

ODE l.

Nulla gen<! est adtô extra leges uioresiue pro- JLTtn, ut non aliquos dejs credat.

Sesèqde, épîirecxvii.

Je meurs, Croulait ^ d'ouïr sortir des hommes

Tant de mépris de la divinité ,

Et ne puis croire , en voyant ta bonté ,

Que tu sois fait du limon que nous sommes.

Siècle maudit, où la rage est maîtresse, Tu fais mentir le saint dire des vieux : Gent si farouche on ne voit sous les cieux , Qui dans le cœur quelque Dieu ne confesse.

Ores voulant donner tout à nature ,

Et ne trouvant à tes raisons de lieu ,

Tu dis ainsi : Non , il n'est point de Dieu ;

Ce n'est qu'abus; tout marche à l'aventure.

i. Premier président du parlement de Rouen, et con^eille^ au grandcouseil. Edit.

*> POKSIES.

Cieux trop bénins à si parjures têtes, Comme oyez-vous si long-temps dépiter Le Tout-Puissant, sans en terre jeter L'orage épais de cent mille tempêtes?

Et toi, Seigneur, qui tiens ès-mains la foudre. Comme entends-tu ces tigres blasphémer Ton nom si saint, sans tes mains désarmer Dessus leurs chefs et les réduire en poudre ?

Nier un Dieu ! nier sa propre essence !

Se dire fait , et nier son facteur î

Voir l'univers, et nier son auteur!

O trop maligne et trop lourde impudence !

Méchant athé, tu sauras bien connoître LVeuvre d'un homme au milieu des déserts, Voyant un toit; et voyant l'univers , Tu ne saurois reconnoître son maître !

Lève les yeux, vois cette grande boule A clous dorés, brillante tout autour; Vois ses deux feux pour la nuit et le jour, Vois comme encor sans repos elle roule.

Baisse-les bas : vois la terre , ta place , Auprès du ciel qui n'est qu'un petit point Kn l'air pendu , qui ne se bouge point , Que l'Océan tout à l'entour embrasse.

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