ODE I
Que veux-tu plus? curieux, considère Tout ce qui vit sous le feu du soleil ; Tout t'apprendra qu'un ouvrier nonpareil A fait le monde et le doit redéfaire.
Tu connoitras que par sa prévoyance Les cieux, qui d'eux n'ont aucun mouvement, A pas nombres tournent incessamment, Toujours constants d'une même inconstance.
Tu connoitras que ce n'est la fortune Qui des saisons ordonne les retours , Qui le soleil allume tous les jours, Et tous les mois donne forme à la lune.
Elle est volage, et volage comme elle
Ce qu'elle fait; mais l'ouvrier tout parfait,
Et tout cela que sa parole a fait
Est tout constant, tout saint et tout fidèle.
C'est cet ouvrier auquel l'œuvre te guide, Qui, voulant faire un petit univers.
Bâtit ton corps de ces quatre divers : Du froid, du chaud, du sec et de l'humide.
C'est ce grand peintre, excellent, admirable,
Qui ton esprit retira sur le sien,
Et sans travail le retira si bien ,
Qu'au sien parfait il le fit tout semblable.
•>9'i l'OrSIKS.
c'est cet ;t;rF„eaii , ce père dcbonnaire Qui ne craignit la rigueur du trépas Pour t'en sauver, et tu ne voudrois pas Le confesser ton Sauveur et ton Père î
Si le dédain, si l'impudence inlàme, Et si l'orgueil qui te pousse en fureiii , T'ont clos les yeux pour ne voir ton erreur A tout le moins prends pitié de ton ame.
Songe à ce jour, jour affreux et terrible , Que Dieu tonnant, ardent et rugissant, Prendra les bons et t'ira maudissant.
Avec les siens, de cet arrêt borrible :
Sortez debors de vos terres poudreuses, Sortez au jour , les os cousus de nerfs , Kt dévalez pour jamais aux enfers, iMalbeureux corps des âmes malbcurenses !
Trembles-tu point à la rude menace De ce grand- juge aux arrêts arrêtés?
Si les meilleurs craignent d'être jetés Dedans la braise, où trouveras-tu grâce •'
S'un fils ingrat aux bienfaits de son père Meurt en langueur immortel dans le feu , Toi qui jamais ne reconnus de Dieu, CoMiinenl alors liiir;>>-lu sa colère;'
ODL 1. 295
Baisse les yeux, et retourne eu toi-uiênie; Pleure en ton cœur, Dieu te fera pardon; Il est tout saint, tout bénin et tout bon, Père à ses fils qui l'aiment et qu'il aime.
ODK II
Tutus est sapiens, nec ullA afflci aut injuria aut rontnmeliâ potest... Eiulabis ? erras : ciim oninia feccrim patriam meam , Iransilire non possum. Omnium una est;exilium loci commuiatio est. El variis Sesec.c Iocis.
Courvaiidon •, ce n'est tout lien ; Les hommes et tout leui bien .
La terre, mère commune, Tout ce qui vole dans l'aii , Et ce qui nage en la mer , Est sujet à la fortune.
Rome, qui soiiloit nonnnor Le monde sien, et fermer En ses murs toute la terre , Sujette au\ lois du destin , A senti le Gotli enfin Plus vaillant qu'elle à la guerre.
i. Iraiiçois Anzeray , président au parlement de llouen , et seipncur df (,our\audon. Knir.