‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 154 sur 162 · ODE I · texte numérisé non relu

ODE I

Que veux-tu plus? curieux, considère Tout ce qui vit sous le feu du soleil ; Tout t'apprendra qu'un ouvrier nonpareil A fait le monde et le doit redéfaire.

Tu connoitras que par sa prévoyance Les cieux, qui d'eux n'ont aucun mouvement, A pas nombres tournent incessamment, Toujours constants d'une même inconstance.

Tu connoitras que ce n'est la fortune Qui des saisons ordonne les retours , Qui le soleil allume tous les jours, Et tous les mois donne forme à la lune.

Elle est volage, et volage comme elle

Ce qu'elle fait; mais l'ouvrier tout parfait,

Et tout cela que sa parole a fait

Est tout constant, tout saint et tout fidèle.

C'est cet ouvrier auquel l'œuvre te guide, Qui, voulant faire un petit univers.

Bâtit ton corps de ces quatre divers : Du froid, du chaud, du sec et de l'humide.

C'est ce grand peintre, excellent, admirable,

Qui ton esprit retira sur le sien,

Et sans travail le retira si bien ,

Qu'au sien parfait il le fit tout semblable.

•>9'i l'OrSIKS.

c'est cet ;t;rF„eaii , ce père dcbonnaire Qui ne craignit la rigueur du trépas Pour t'en sauver, et tu ne voudrois pas Le confesser ton Sauveur et ton Père î

Si le dédain, si l'impudence inlàme, Et si l'orgueil qui te pousse en fureiii , T'ont clos les yeux pour ne voir ton erreur A tout le moins prends pitié de ton ame.

Songe à ce jour, jour affreux et terrible , Que Dieu tonnant, ardent et rugissant, Prendra les bons et t'ira maudissant.

Avec les siens, de cet arrêt borrible :

Sortez debors de vos terres poudreuses, Sortez au jour , les os cousus de nerfs , Kt dévalez pour jamais aux enfers, iMalbeureux corps des âmes malbcurenses !

Trembles-tu point à la rude menace De ce grand- juge aux arrêts arrêtés?

Si les meilleurs craignent d'être jetés Dedans la braise, où trouveras-tu grâce •'

S'un fils ingrat aux bienfaits de son père Meurt en langueur immortel dans le feu , Toi qui jamais ne reconnus de Dieu, CoMiinenl alors liiir;>>-lu sa colère;'

ODL 1. 295

Baisse les yeux, et retourne eu toi-uiênie; Pleure en ton cœur, Dieu te fera pardon; Il est tout saint, tout bénin et tout bon, Père à ses fils qui l'aiment et qu'il aime.

ODK II

Tutus est sapiens, nec ullA afflci aut injuria aut rontnmeliâ potest... Eiulabis ? erras : ciim oninia feccrim patriam meam , Iransilire non possum. Omnium una est;exilium loci commuiatio est. El variis Sesec.c Iocis.

Courvaiidon •, ce n'est tout lien ; Les hommes et tout leui bien .

La terre, mère commune, Tout ce qui vole dans l'aii , Et ce qui nage en la mer , Est sujet à la fortune.

Rome, qui soiiloit nonnnor Le monde sien, et fermer En ses murs toute la terre , Sujette au\ lois du destin , A senti le Gotli enfin Plus vaillant qu'elle à la guerre.

i. Iraiiçois Anzeray , président au parlement de llouen , et seipncur df (,our\audon. Knir.

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