ODE II
Ses palais et leur orgueil , Et Tor, miroir au soleil De tant de cimes hautaines , Gisent en bas, passe-temps De la Fortune et du Temps , Seigneurs des choses humaines
Fortune tient tout en main ; Tu vis aujourd'hui; demain Caron peut-être en sa barque Te passera chez Pluton , Où règne encor, ce dit -on, Fortune avecque la Parque.
Dessus tout ce que tu vois , Sur la puissance des rois, Dame, elle a toute puissance.
Et si nous croyons les vieux , Nous ferons rouler les cieux Dessous son obéissance.
Seulement l'homme vêtu Des armes de la vertu , La foule ès-pieds abattue ; Dieu, qui lui grossit le cœur.
Le rend sur elle vainqueur Par sa constance connue.
POKSIES.
Il semble un cliêne constant Que deux vents vont soullletant Tous deux contraires d'haleine; Ferme en terre, il se rit d'eux , Perdant un peu de cheveux Que le printemps lui ramène.
Soit que le dépit des rois, Ou l'injustice des lois, Ou l'orage de la guerre, Ou bien le cœur obstine Du vulgaire mutiné Lui fassent changer de terre ,
Son c(pur ne change pourtant En philosophe constant , Il fait tête à la Fortune ; Le monde, à son jugement, N'est qu'un pays seulement, Notre demeure commune.
Ce qu'on dit bannissement , Il l'appelle changement , Qui jamais ne le tourmente Partout il vit sans ennui , Car il porte avecque lui La vertu qui le contente
ODE W. î>-99
Dieu, qu'il a dedans le sein , Le fait fort, lui tient la main VA de sa grâce l'appuie ; La foi qui sait endurer Lui fait au cœur espérer Le repos d'une autre vie.
mw
ODE ÎFI
l'ecuniam perdidi : — fortasse te illa perdldigset. . >Egrnto: — venil lempus qtio experimenlum mel caperem ... M.ilè de le loquunlur honiines : — sed mail.... Malè de te loquuiitur : — benè nesciunt loqui.... Moriens: — isla hominis natura est... Mcrieris : — hflc conditione intravi, ut exirem.
Ex variis Senec^ locis.
Couionne ', je veux être encontre la Forttine
Un roc pareil à ceux Qui dépitent l'orgueil des vagues de Neptune,
Résolus paresseux.
Si mes parents sont morts, ils ont payé la dette
Qu'on doit en ce séjour.
L'homme voit t<jut ainsi qu'une fleur vermeillette
Qui vit le cours d'un jour.
Si Fortune m'ôtoit si peu que je tiens d'elle,
11 le faudroit souffrir; Il \aiit mieux voir périr une < lios»» mortelle
Que par elle périr
) l'ierre de Bonslioms, sieur de Couionne. présideiii a la chambre de» iimplcs de llouen. Êdit