‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 157 sur 162 · ODE IV · texte numérisé non relu

ODE IV

SirTiveciim hr)minil)iis. lanquiini Peus Mdcat . sic loquLTC ciiiii Deo, lanqiiàiii liomines nudianl. Sknkoi K, ppllie X.

.(e hais le mignon médisant, Qui sert aux princes de plaisant, Qui fait l'entendu de la tète, Et sait bien qu'il n'est qu'une hôte

Je hais tous ces doctes esprits, Qui font trafic de leurs écrits, Pi()ez de la vaine richesse D'une nnsérable largesse.

Je hais cettui-là qui sait bien Faire quelque chose de rien , Et fait les neuf Muses, pucelles.

Des feux de Vénus niaquerelles.

Je liais le riiiieur elionté, Corneille au plumage emprunté,

ODE IV. 3o:

Qui n'a vu ii' Athènes ni Rome, Et si veut faire l'habile homme.

Mais je hais plus que tous ceux-ci Nos alhéistes sans souci , Pourceaux croupissant en l'ordure Des sales plaisirs d'Épicure.

Vilains pourceaux par trop ingrats , Vous amassez le gland à lias, Sans reconnoître en nulle sorte L'arbre libéral qui l'apporte.

J'aime, La Place S seulement L'homme qui parle rondement , Qui croit en Dieu , qui le révère , Comme un fils révère son père.

J'aime celui qui parle à lui Comme devant tous , et celui Qui vit çà bas humble , et s'asseure Que Dieu le regarde à toute heure.

J'aime un bon cœur, j'aime sa foi , J'aime un bel esprit comme toi , Toujours actif, qui dans un livre Cherche après la mort à revivre.

I. Diiniel de La Place, conseiller au parlement de Piouen, et seigneur de Fuiuection. ÉriiT.

Las! elle nous suit |)as à pas, Kt rien ne fuira le trépas, Sinon nos âmes immortelles Et les enfants qui naissent d'elles.

Heureux si je puis vivre ainsi , Passant mon âge sans souci , Ferme rocher contre l'envie Jalouse de l'heur de ma vie !

Je n'aurai soin de ce butin Qu'on va quérir sous le matin , Ni de tout le bien misérable De la fortune variable.

Un ruisselet argentelet , Au bord mousselet , doucelet , Me sera plus doux et fidèle Que le fumeux fils de Sémèle.

Je vivrai sans nécessité, Certain de la fidélité De mon petit champ que nature ISÏe fera rendre avec usure.

Malheureux riiomnic ambitieux, .Malheureux l'avaricieux , Auxquels l'ame brûle sans cesse Après l'honneur et la richesse

ODK V.

Cùm crescimus , vita (lecrescit.... Ne crastino quidem dominamur.... Omnia etiam felicibus dubia sunt.... Nil sibi quisquam de futuro débet promiltere.... Ml cuiquam, nisi mors, certum

SÉNÈQCE.

Cliamgoubert *, ce n'est rien de cette pauvre vie; Le matin nous l'avons , le soir elle est ravie : Le ber est le tombeau, la tombe est le berceau; Ou bien si nous durons quelque peu davantage, Nous semblons des nocbers que tourmente l'orage , Battus incessamment et du ciel et de l'eau.

Nous naissons en pleurant, comme si la lumière, Qui fait voir l'Éternel à nos yeux la première. Nous épeuroit des maux que nous devons souffrir; Comme croissent nos ans, nos misères accroissent; Comme avance le temps, nos jikis beaux jours décroissent Ainsi ne naissons-nous que pour après mourir.

t. Nicolas de Troismoiits, seigneur de Chamgoubtrl. Edii.

:WC> l'OKSIKS

A pt'iiio iiii l)loii(l coton faisoit homme ton Irère, Quand la mort, se fAcliant de me voir sans misère, Vint racler tout à coup de ses ans la beauté. Ainsi voit-on la rose au matin épanie, Sans plus d'honneur, au soir, en sa beauté fanic, Quand le soleil allume un beau jour, en été.

Laisse tes fols plaisirs, misérable Épicure, Dompte les appétits de ta brute nature , Réveille tes esprits. Que sais -tu si Caron Au milieu de tes jeux , dont se moque la Parque Maîtresse de tes jours, avance point sa barque, Pour te faire passer es- rives d'Achéron?

Qui vit au lendemain ne vit en assurance.

Et riiomme est abusé d'une folle espérance,

Qui s'attend que cent ans soient la borne à ses jours

Il n'a rien d'assuré que la fosse bien sûre.

Sage qui seulement en Jésus- Christ s'assure.

Et qui s'attend mourir pour vivre a[)rès toujours.

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