‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 158 sur 162 · ODE VI · texte numérisé non relu

ODE VI

Oiniiis (lies, omms liora quaui iiihil siiiius osteodit... Quàm stultum est aetateni disponerc !.. O quanta dementia est spes longas inchoantiuml. . Emam, œditicabo, credara, exig;uii, honores geram; tùm demùm lassam et plenam senectulem in oliuui referam... Piopera vnere, et singulos dies singulas vitas puta

^K.NÈQIE.

11 n'est heure dans le jour, Il n'est jour dedans l'année Qui ne nous montre toujours La fin de notre journée, Comme le monde n'est rien Qu'un passage misérable Où riiomme sert pour du bien A la Fortune niuable.

O dessein mal assuré De mettre en ordre sa vie !

J'acquerrai, je bâtirai, J'amasserai sans envie

108 l>OI':SIES.

Du los et des biens aussi , Mérites de ma jeunesse; Puis à la fin sans souci Je [)asserai ma vieillesse.

L'houjme en cette sûreté N'a rien de certain au monde; Le monde en légèreté Semble à la face de l'onde.

Tantôt Neptune ' la fera De cent tempêtes marrie , Tantôt il apaisera tn moins de rien sa luric.

Vivons, du Torp '^, résolus A ces effets variables; Pour un renouveau, sans plus, Nos beaux âges sont durables; Nos jeunesses employons De mille peines suivies, Et les jours que nous voyons, Pensons-les autant de vies.

l'eul-clre faul-il écrire : .Neptun'. Edit.

.Nicolas de Morel, comie d'Aubijiny el seigneur du Torp

ODE Vil

lllud mirare, ibi estolli aliquem, ubi omnes deprimunlur; ibi slarc, ubi omnes jacent.

SÉ.NÈQCE, épilre lïxi.

Retourne au monde avecque ta chandelle; Refais, grand homme, une quête nouvelle,

Justement dépité ; Cherche partout en cet âge où nous sommes, Je ne dis point un homme entre les hommes,

Mais de l'humanité.

Tu ne verras que des tigres en armes , Nouveaux Thébains forcenant aux alarmes.

Vainqueurs et déconfis , Le frère armé contre son propre frère , Le fils meurtrier se souillant en son père,

Et le père en son fils.

Piteux regard ! tous les bois d'Hyrcanie Ne sont affreux en tant de félonie ,

.{PO f>oi:siKS.

La tPireiir des liuiiiains, Que pour mourir sans mourir en sa i>eine, La France loge, à soi-niêrne inhumaine,

Des monstres ir>humains.

L'Ambition , la grand'bête de Lerne , Et la Discorde, engeance de l'Averne,

Nourrissent leur fierté :

L'une en attente aux grands donne l'empire; L'autre aux sujets, afin de les séduire,

l'romet la liberté.

Heureux qui vit comme toi, Galleville •, Contre l'effort de la rage civile

Renforcé des vertus.

Le cœur lui croît où les cœurs affoiblissenl , Il se tient ferme où les autres languissent,

Contre terre abattus.

». M. de Galleville, conseiller-clerc au parlement de llouen. I-dh

ODK Vin

Fala ra'a el fixa su: I, aique niagnà et œleri à iiecessilati'diKU lur.

Senèqce. épiire lwvii.

Desprez ^ , laissons là Bellone Forcener en tous ses faits.

Dieu, qui là-haut tout ordonne, Nous soit bénin , et nous donne Bientôt une bonne paix.

Nous petits que sous la terre Les Muses tiennent cachés , Vivons bien sans nous enquerre Du monde, et pour toute guerre Faisons la guerre aux péchés.

i. Nicolas-Michel, sieur Desprez, professeur royal déioquence, cl rccleur de Tuniversilé de Caen en 1579. Édit.

;{|'> l'OKSIKS

Sans nous donner iaul (\o peine , Vivons chacun bien [ujurvu D'une conscience saine ; Puis vienne la mort soudaine Nous surprendre à rim|t(>iirvn

Que nous servira de craindre Ce qui nous suit en tous lieux ?

Mourons contents sans nous plaindre, L'homme ne sauroit enfreindre La loi qu'ordonnent les cieux.

Cela que tu vois descendre Sous terre sans plus de voix , Naguère savoit entendre -.

Ce n'est plus qu'un peu de cendre, Fardeau léger à cinq doigts.

Le corps perd , l'ame regagne Sa première liberté; Le savoir qui l'accompagne.

Plus parfait, la fait compagne De la sainte éternité.

FIN DES POKSIES.

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