‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 24 sur 162 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Sembluit (l'un si grand coup devoir jeter des larmeï- Qiii n'eussent jamais fin.

Il les sécha pourtant, et, comme un autre Alcide,

Contre fortune instruit , Fit qu'à ses ennemis d'un acte si perfide

La lionte fut le fruit.

Leur camp , qui la Durance avoit presque tarie I" el/'^ fcLX/vi (aJ\

De bataillons épais, Entendant sa constance, eut peur de sa lurie,

Et demanda la paix ^

De moi, déjà deux fois d'une pareille foudre

Je me suis vu perclus, Et deux fois - la raison m'a fait si bien résoudre J^

Qu'il ne m'en souvient plus. ^^-"^xok>^t y

Non qu'il ne me soit mal que la tombe possède

Ce qui me fut si cher; Mais en un accident qui n'a point de remède,

Il n'en faut pomt chercher.

poisonné le 28 février 1536, âge de 18 ans, el Ion attribua cette mort si prématurée à la cour de Madrid, qui redoutait les talents que ce jeune prince faisait voir pour la guerre. Édit.

1. Kn cette même année t336i Charles-Quint Ut une irruption en Hroveuce, mais son armée s'y détruisit; ce qui lobligea, l'année d'après, de faire une trêve de quelques mois, suivie, en 153S, done autre trêve pour dix ans. Édit.

2. Malherbe fait ici allusion à la perte de sa fille, morte de la peste à l'âge de cinq ou six ans, et a celle de son tils, tué en duel. Édit.

k"). POÉSIES

La Murt a dt'.v rigueurs à nulle autre pareilles

On a bean la prier, I.a cruelle qu'elle est se bouche les oreilles

Et nous laisse crier.

Le pauvre en sa cabane, où le ebaume le couNn

Est sujet à ses lois; / Et la garde qui veille aux barjàdfes du Louvre

N'en défend point nos rois.

Ue murmurer contre elle et perdre patience,

11 est mal à propos; Vouloir ce que Dieu veut est la seule science

Qui nous met en repos.

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