‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 47 sur 162 · LIVRE ir · texte numérisé non relu

LIVRE ir

U fait demeurer la malice Aux bornes de quelque devoir , Et que son invincible épée Sous telle influence est trempée, Qu'elle met la frayeur partout Aussitôt qu'on la voit reluire :

Mais quand le malheur veut nous nuire De quoi ne vient-il point à bout?

Soit que l'ardeur de la prière *

Le tienne devant un autel ,

Soit que l'honneur à la barrière

L'appelle à débattre un cartel ,

Soit que dans la chambre il médite ,

Soit qu'aux bois la chasse l'invite,

Jamais ne t'écarte si loin ,

Qu'aux embûches qu'on lui peut tendre

ïu ne sois prêt à le défendre ,

Sitôt quil en aura besoin.

Garde sa compagne fidèle, Cette reine, dont les bontés De notre foiblesse mortelle Tous les défauts ont surmontés.

Fais que jamais rien ne l'ennuie ; Que toute infortune la fuie;

1. Cette stroplie est belle, surtout pour le tour, qui est le même que dans Pode au duc de Bellegarde :

Soit que 1 bonneur de la carrière, etc. .

Et (inaiix roses de sa beauté L'âge, par qui tout se consume, Redonne contre sa coutume Les grâces de la nouveauté.

Serre d'une étreinte si ferme Le nœud de leurs chastes amours, Que la seule mort soit le terme Qui puisse en arrêter le cours.

Bénis les plaisirs de leur couclic , Et fais renaître de leur souche Des scions si beaux et si verts , Que de leur feuillage sans nombre • A jamais ils puissent faire ombre Aux peuples de tout l'univers.

Surtout pour leur commune joie * Dévide aux ans de leur dauphin, A longs filets d'or et de soie, Un bonheur qui n'ait point de fin; Quelques vœux que fasse l'envie.

Conserve-leur sa chère vie:

\. Belle image bien nndue pour le temps. A Cdemfr. '2. Ainsi di laiil dor el du soie

Ton ame dévide son cours....

Ailleurs :

Nos jours fliés de loules soies

Onl des ennuis comme des joies.

Ci'Ue image esl belle el poétique. Mallierbe l'a épuisée II se répèle souvent, soit pour la pensée, soit pour lixpression ; souvenons-nous aussi qu'il Taisait la langue, et qu'à mesurj qu'il enfantait une nouvelle pensée, il lui fallait créer aussi une eipression nouvelle. A. Chenier

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