‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 72 sur 162 · A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI · texte numérisé non relu

A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI

POUR M. LE eue DE BELLEGARDE.

Dure coutiainte de partir, A quoi je ne puis conseotii', Et dont je ne m'ose défendre , Que ta rigueur a de pouvoir, Et que tu me fais bien apprendre Quel tyran c'est que le devoir!

J'aurai donc nommé ces beaux yeux Tant de fois mes rois et mes dieux , Pour aujourd'hui n'en tenir compte, Et permettre qu'à l'avenir On leur impute cette honte De n'avoir su me retenir !

Fille de Heuii, duc de Guise, dit te Balafré Edit

lO.H POÉSIES.

Ils aiiruiit donc ce déplaisii Que je; meurs après un désir Où la vanité me convie , Et qu'ayant juré si souvent D'être auprès d'eux toute ma mc, Mes serments s'en aillent au vent!

Vraiment je puis bien avouer Que j'aiirois tort de me louer Par-de-sus le re^te des hommes; Je n'ai point d'autre qualité Que celle du siècle où nous sommes La fraude et l'infidélité.

Mai» a qu(ji tendent ces discour; O beauté, qui de mes amours l^Jes le port et le naufrage ?

Ce que je dis contre ma foi , >j'est-ce pas un vrai témoignage Que je suis déjà hors de moi?

Votre esprit , de qui la beauté Dans la plus sombre obscurit»' Se fait une insensible voie , Ne vous laisse pas ignorer Que c'est le comble de ma joie Que riionncur de vous adorer.

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