‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 9 sur 162 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Ne laissant lieii chez lui que le même i)eiisei D'un homme qui, tout nu de glaive et de courage, Voit de ses ennemis la menace et la rage, Qui le ter en la main le viennent offenser.

Ces beaux yeux souverains qui traversent la terre \

Mieux que les yeux mortels ne traversent le verre, '

Et qui n'ont rien de clos à leur juste courroux.

Entrent victorieux en son ame étonnée ,

Comme dans une place au pillage donnée,

Et lui font recevoir plus de morts que de coups.

La mer a dans son sein moins de vagues courantes , Qu'il n'a dans le cerveau de formes différentes, Et n'a rien toutefois qui le mette en repos; Car aux Ilots de la peur sa navire qui tremble ' Ne trouve point de port , et toujours il lui semble Que des yeux de son maître il entend ce propos :

Eh bien ! où maintenant est ce brave langage ' Cette roche de foi ? cet acier de courage ? Qu'est le feu de ton zèle au besoin devenu ? Où sont tant de serments qui juroient une fable ? Comme tu fus menteur, suis- je pas véritable? Et que t'ai-je promis qui ne soit avenu?

Toutes les cruautés de ces mains qui m'attachent , Le mépris efironté que ces bouches me crachent ,

t. Lourd et charge. .V. Cueaier.

H l'ULSIKS

Les preuves que je lais de leur impiété, Pleines égaleuieiit de fureur et d'((rdur(s Ne ino sont «nie [)ointe aux entrailles si duie, Comme le souvenir de ta déloyauté

Je sais bien qu'au danger les autres de ma suite Ont eu |ieur de la mort et se sont mis en fuite ; Mais toi, que plus que tous j'aimai parfaitement , Pour rendre en me niant ton offense plus grande, Tu suis mes ennemis, t'assembles à leur bande, Et des maux qu'ils me fout prends ton ébattemeut

Le nombre est infini des paioles empreintes Que regarde l'Apôtre en ces lumières saintes; Et celui seulement que sous une beauté Les feux d'un œil liumaiu ont rendu tributaire. Jugera sans mentir quel etïet a (»u faire Des rayons immortels l'immortelle clarté.

Il est bien assuré que l'angoisse qu'il porte

Ne s'emprisonne pas sous les clefs d'une porte ,

Et que de tous côtés elle suivra ses pas ;

Mais pour ce qu'il la voit dans les yeux de son maitie

Il se veut absenter, espérant que peut-être

Il la sentira moins en ne la voyant pas.

La place lui déplaît, où la troupe maudite Son Seigneur attaché i)ar outrages dépite ; Et craint tant de tomber en un autre forfait , Qu'il estime déjà ses oreilles cou|»ables

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