‹ Poésies. Avec une noticeChapitre 30 sur 121 · HOMÈRE MENDIANT · texte numérisé non relu

HOMÈRE MENDIANT

•< Beau séjour où THermus épand ses flols sacrés, Ville chère à Junon , \ille aux coteaux dorés , Dont la haute Sardène et son ombrage antique Couronnent les vallons et l'antre prophétique , Cumes ! je te salue. Au sein profond des nuits, Trois fois un heureux songe a flatté mes ennuis : Tout songe vient des cieux; et Jupiter sans doute De tes remparts divins m"a fait prendre la route. Seul avec cet enfant que Samos a nourri , Depuis douze soleils , sans secours , sans abri , .Je me traîne à pas lents sur Tinculte rivage. Quelques fruits , dédaignés de la brute sauvage, L'herbage impur, vomi par le flot écumant , De nos corps épuisés sont l'unique aliment. Verra-t-on cet enfant , l'appui de ma misère, Mourir à mes côtés en appelant sa mère ? Verra-t-on le vieillard , de rocher en rocher. Errer tel qu'un vaisseau privé de son nocher ? Mon guide m'a conduit au seuil de l'opulence : Au nom de ce rameau qu'en ma main je balance , Laissez-vous attendrir à mes tristes accents , Portes d'airain ! tournez sur vos gonds gémissants ; Et mon guide , ce soir, aux prochaines prairies , Enlacera pour vous les guirlandes fleuries. » Ainsi parle , accablé de ses cruels destins , Un vieillard dont les yeux pour jamais sont éteints ; C'est Ifomère! A lycus apparlitnt cette enceinle

Où lait (les Doriens le dispute à Coiinthe : Pour les parvis des dieux le marbre l'éservé Soutient de son palais le portique élevé; Cent vierges, qu'enfanta Tlndc voluptueuse, Couvrent de mets choisis sa table fastueuse , Et dans les coupes d'or épanchent en ruisseaux Les vins délicieux de Chypre et de Naxos , Jusqu'à l'heure où , lassé de la bruyante orgie. Il s'endort aux doux sons des flûtes de Phrygic.

Le vieillard , sur le seuil , aux nombreux serviteurs

Atteste du foyer les lares protecteurs,

Le nom du suppliant , son âge et sa misère.

De Lycus, qui déjà s'arme d'un front sévère,

II s'approche , et , fidèle au signe accoutumé ,

Baise humblement les bords du manteau parfumé :

« 0 Lycus ! l'homme heureux , tel qu'un dieu sur la terre,

Des biens de l'indigence est le dépositaire ;

Un favorable sort m'amène vers. ces lieux :

L'étranger, tu lésais, vient de la part des dieux;

Ne me dédaigne pas. La Prière , éplorée ,

Du puissant Jupiter est la fille sacrée.

Ne me dédaigne pas , Lycus ; mon seul trésor.

Cette lyre envers toi peut m'acquittcr encor.

J'ai visité du Nil les campagnes fécondes ;

J'ai traversé la mer et parcouru les ondes :

Les peuples m'entouraient; et les trépieds dorés

Furent souvent le prix de mes vers inspirés.

En écoulant mes vers , la docte Méonie

Croyait d'Apollon même entendre l'harmonie ;

Et les vieillards chaimés se levaient devant moi.

J'ai chanté pour les dieux , je chanterai pour toi.

Puisse ma voix monter à la voûte étoiléel

Puisse de Jupiter la faveur signalée

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