‹ Poésies. Avec une noticeChapitre 45 sur 121 · AU TOMBEAU BE SON COURSIER · texte numérisé non relu

AU TOMBEAU BE SON COURSIER

Ce noble^ami , plus léger que les vents , s ^

Itdortlcoucha sous ,lesl sables mouvants, ' ^

0 voyageur ! partage ma tristesse ; Mêle tes cris à mes cris superflus.

Il est tombé , le roi de la vitesse ! L'air des combats ne le réveille plus.

Il est tombé dans l'éclat de sa course : Le trait fatal a tremblé sur son flanc ,

Et les flots noirs de son généreux sang Ont altéré le cristal de la source.

Ce noble ami , plus léger que les vents , !1 dort couché sous les sables mouvants.

Du meurtrier j'ai puni l'insolence ; Sa tête horrible aussitôt a roulé :

J'aide son sang abreuvé cette lance, Et sous mes pieds je l'ai longtemps foulé. Puis, contemplant mon coursier sans haleine, Morne et pensif, je l'appelai trois fois ; En vain , hélas !... il fut sourd à ma voix ; Et j'élevai sa tombe dans la plaine.

Ce noble amil plus l^eiy que/lesl vtmts , n dort couché sous les sables mouvants.

Depuis ca jour, tourment de ma mémoire , Nul doux soleil sur ma tète n'a lui : Mort au plaisir, insensible à la gloire , Dans le désert je traîne un long ennui. Cette Arabie , autrefois tant aimée , N'est plus pour moi qu'un immense tombeau ; On me voit fuir le sentier du chameau, L'arbre d'encens et la plaine embaumée.

Ce noble ami , plus léger que les vents , Il dort couché sous les sables mouvants.

Quand du midi le rayon nous dévore , 11 me guidait vers l'arbre hospitalier; A mes côtés il combattait le More, El sa poitrine était mon bouclier.

80 CHANTS r.LEGIAQUES.

De mes travaux conipagiioa inliépide, Fier, et debout dès le réveil du jour, Au rendez-vous et de guerre et d';unonr Tu m'emportais comme l'éclair rapide.

Mais, noble ami , plus léger que les vents, Tu dors couché sous les sables mouvants.

Tu vis souvent cette jeune Azéide, • Trésor d'amour, miracle de beauté; Tu fus vanté de sa bouche perfide ; Ton cou nerveux de sa main fut flatté. Moins douce était la timide gazelle ; Des verts palmiers elle avait la fraîcheur... Un beau Persan me déroba son cœur ; Elle partit!... Tu me restas fidèle.

Mais, noble ami, plus léger que les vents, Tu dors couché sous les sables mouvants.

CHANTS ÉLEGIAQUES. Si

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