‹ Poésies (volume 2)Chapitre 24 sur 73 · LE GLACIER · texte numérisé non relu

LE GLACIER

Les lacs où, le matin, passent des brouillards biens ^ ■ couvrent en biver d'étincelantes glaces; L('S hardis patineurs, aux jambes jamais lasses, S'élancent en troupeau vers les monts nébuleux.

Mais les lacs n'aiment point que leurs belles surfaces S'écaillent sous les pas de ces rustres frileux; Souvent le clair miroir se dérobe sous eux, Puis les glaçons disjoints reviennent à leurs places.

Tel est mon cœur, glacier sur des volcans éteints ! Le doute, les remords, les espoirs incertains, Le déchirent sans cesse avec de durs patins.

Parfois il baille, alors tout s'abîme en un gouffre

Qu'emplit l'exhalaison d'une mare de soufre;

Et toi seul, cœur profond, tu sais ce que je souffre !

SONNE-TS

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