LE GLACIER
Les lacs où, le matin, passent des brouillards biens ^ ■ couvrent en biver d'étincelantes glaces; L('S hardis patineurs, aux jambes jamais lasses, S'élancent en troupeau vers les monts nébuleux.
Mais les lacs n'aiment point que leurs belles surfaces S'écaillent sous les pas de ces rustres frileux; Souvent le clair miroir se dérobe sous eux, Puis les glaçons disjoints reviennent à leurs places.
Tel est mon cœur, glacier sur des volcans éteints ! Le doute, les remords, les espoirs incertains, Le déchirent sans cesse avec de durs patins.
Parfois il baille, alors tout s'abîme en un gouffre
Qu'emplit l'exhalaison d'une mare de soufre;
Et toi seul, cœur profond, tu sais ce que je souffre !
SONNE-TS