FIXA LE
Je n ai jamais commis de crime.
On ne m' a pas assassinée
Mon remords fut imaginé,
Et mon cœur saigne pour la rime.
Jeune, on aime à parler trépas.
Bijron, Musset, Veremple tente.
Sais-tu de quoi Vàme est contente De montrer qu'elle ne Vest pas.
Lr spleen a de sinistres charmes, On a le caprice entêté D\iffirmer sa virilité Par le désespoir et les larmes.
Mais ces choses-là nont qiiun jour Sourire est bon. La vie est belle.
On se lasse d'être rebelle A la clémence de l'amour.
L'heureux ciel d'été qui flamboie N'a pas honte de ses rai/ons:
Si nous sommes joijeur. ayons Le courage de notre joie.
Je suis le passant ingénu.
Celui qui soupire et qui chante Parce que l'épine est méchante Et que V avril est revenu.
Je 1)1 étais égaré sans doute; Une ogresse me menaçait; Mais mon cœur, ce Petit-Poucet, A bientôt retrouvé sa route.
Vers un gîte plein de douceurs Il ramena des lieux contraires Tous les jeunes Désirs ^ ses frères, Et les Illusions, ses sœurs.
Cest à peine s'il se rappelle Qu'il fut un instant fourvoyé; Il est dans son nid, mieux choyé Que les petits d'une hirondelle.
S'il souffrit, ce fut en rêvant.
Le rêve a sa mélancolie...
Mais une nouvelle folie Guérit d'un vieux songe souvent.
Et, bercé d'un souffle qui vole De Weimar à Valladolid, J'ai joué les airs de mon lied Sur une guitare espagnole!
A ACGCSTE Vu. M ERS DE l'Isi.E-AdA!
NOTE BIBLIOGRAPHIOUE
Les poésies qui composent Pagode parurent pour la première fois dans le Parnasse contemporain (1866); ils ont été réimprimés dans les Poésies de Catulle Mendés (Sandoz et Fischbacher, 1876) et dans le second des sept volumes intitulés les Poésies de Catulle Mendès (OUendorff, 18So, et Dentu, 1886).