A MICHEL BARONNET
Y AMI
Selon le rythme lent des vers scandant ses pas Le Riçhi matinal traverse la pelouse.
Vers le sein d"Yamî, ta sœur et ton épouse, Remonte, fils des Eaux! le courant du trépas.
YAMA
Pareil au faon mort-né d'une triste antilope, Je n'aurai pas d'épouse et je n'ai pas de sœur Dans l'immobilité de sa noire épaisseur Le tronc de l'arani mystique m'enveloppf.
Y AMI
Les dix frères vaincront le mystique arani Afin qu'au bleu retour des Aurores prospères Je puisse voir le fils auguste de mes pères S'allonger près de moi sur le gazon béni !
YAMA
Nombre cbétif épars dans l'infini des sommes.
J'ai rendu mon essence au Xuage, au Soleil
Mon regard, et je dors un ténébreux sommeil
Loin de ta couche, o toi qui veux le mal des hommes!
PAGODE. 16a
Y AMI
Tu sortiras plus clair de plus d'oniLre, Yama, Car c'est en toi que l'Etre auguste se recrée. Et Tamant glorieux de la Coupe sacrée Dans le céleste flanc des ondes te forma !
On a vu sabîmer les splendeurs éphémères Avec la troupe bleue et fauve des Haris : Sur les foyers obscurs, près des vases taris. •le suis né de ta mort. Aeni. fils des deux mères !
Y AMI
Les cavales d'Indra s'élanceront encor!
L'une à l'autre, mêlons nos âmes, divin couple. Tu sembleras, lié de ma ceinture souple, l n bel arbre envahi par des lianes d'or.
iSi
Les sept coursiers soumis à quatre jougs de flammes, Sans éclairer mon œil éblouiront le tien ; La liane aux fleurs d'or n'aura pas de soutien ; Nous ne mêlerons pas Tune à l'autre nos âmes.