L'ENNEMIE
0 toi ma vie. ù toi mes cieux, Je hais ton front,, je hais ta lèvre Et tes yeux qui donnent la fièvre Comme des lacs pernicieux.
Je maudis mon àme asservie Dans tes profonds cheveux de jai:
Et, tout entière, je te hais, 0 toi mes cieux. ù toi ma vie !
PIIILOMÉLX.
-Mais non, je mens, tu le sais bien; Mon être a dans foi ses racines, Et vainement tu l'assassines Et tu le damnes, il est tien.
J'aime ton front, tes yeux, ta joue 0 inon enfer, 0 mon trépas.
Et tes cheveux qui ne sont pas De ces liens que l'on dénoue.
Le
"-Im-est doux, le joug m'est cher.
Et jusqu'au jour du cimetière Je fadorerai tout entière,
0 mon trépas, A mon enfer!
PHI LOME LA. 2S
MAKMOREA
SaA'ez-vous un pays uù la tleur a des ailes '? Savez-vous un pays uù Taile a des parfums, Où les roses d'avril en place d'immortelles Fleurissent le tombeau de nos amours défunts ?
Où, sur les monts bombant Téchine de la plaine. Le platane au tronc lisse et Forme au pied moussu Gliquètent, pleins d'oiseaux, de chansons et d'haleine, Comme un grelot d'argent sur le dos d'un bossu ?
Où le flot, dans un bain de fluides étreintes, Des baigneuses, le soir, berce la nudité ; Où le sable du bord conserve les empreintes Des enlacements nus pendant les nuits d'été
Là, parmi les buissons, rayonnante et sans voiles, Une apparition glisse comme un follet.
— Belle fille, statue, aux deux grands j'eux, étoiles Que la Nuit laissa choir dans un ruisseau de lait,
Quel ciseleur de mots, quel sculpteur de pensées. Que Dieu pour travailler les durs métaux créa, Arrondira le vol des strophes cadencées Au moule de ^n sein, blanche Marmorea ?