MELANCOLIE D'ETE
Comme un rameau trop lourd s'incline, Penche-toi. cœur endolori, Vers le cimetière fleuri Oui rit sur la claire colline.
Tente chère au bédouin brûlé ; Fraîches haltes près des citernes; Bonne aubersre dont les lanternes
Font signe au marcheur consolé ;
Lit des courtisanes sans fièvre, Où tout s'éteint, sauf le remords; Bouges qu'encombrent, ivre-morts, Les buveurs d'ale et de genièvre ;
Grave alcôve aux rideaux amis, Où plane sur Thymen paisible Ce doux bruit d'abeille invisible.
Qui gort des berceaux endormis;
A l'angoisse aiguë, au malaise, "S'ous n'offrez qu'un répit trop bref ; L'bomme revit, quand derechei Se lève, hélas! l'aube mauvaise.
Mftis sur l'oreiller que nous font Les espoirs morts, les craintes mortes.
Dans la basse chambre sans portes, Le repos est long et profond.
SOIRS MOROSES, 24o
Lieu béni des sommeils fidèles,
Où nul n'a peur d'être éveillé,
Le cimetière ensoleillé
Est plein de fleurs, de brise, et d'ailes.
La croix dorée où meurt le Fils Luit comme en des apothéoses, Et, blanches, au milieu des roses.
Les stèles semblent de grands lys.
Et moi, du bord de l'âpre voie, J'envie, en mon cœur douloureux, Le sourire des morts heureux, Difî'us dans toute cette joie!