A UN JEUNE HOMME IIICIIE
Jeune homme riche, aimé des Dieux, Fuis ta Muse, hais^e les yeux
Des hlondes !
Garde-toi des rêves amers Et ne tente jamais les mers
Profondes î
Va, triomphe parmi le chœur Des filles hianches dont le cœur
Bat vite î Fais Tamour, nous ferons les vers; Idalie aux hocages verts
T'invite.
IMIILOMKLA. m
Cependant jo môle mon cri, Loin des jardins où la houri
Te baise, Aux sanglots des joueurs de lutJi.
Applaudissant qui donne Tut Dièse !
Mes destins sont pareils au leur; Notre muse, c'est la douleur
Sans treye; Ils ne sont pas ce que tu crois, Ces Jésus qui poilent la croix
Du rêve !
Le soir, sous le ciel endormi, Quand tu vas e'couter parmi
La brise Le gazouillis charmant du flot Uni sur la grève d'un îlot
Se brise,
60 PHILOMÉLA.
Le roc a t-il trouvé des mots, Enfant, pour te conter les maux
Qu'il souffre, Sentant son granit se creuser Sous l'impitoyable baiser
Du gouffre ?
Que t'importe ! chasse, aime et bois ; La gazelle à l'ombre des bois
Gambade.
Fou de Champagne ou de porto, Jette de l'or sous le râteau
De Bade !
Quitte les soins dont tu t'émeus.
N'as-tu pas les vins écumeux,
L'ivresse, Ton arabe qu'un dey dompta Et les cheveux luisants de ta
Maîtresse ?
IMIILOMELA. 61
Et sa cheville à l'os très fin, Qu'un incroyable brodequin
Étrangle, Et sa gorge couleur de lait, Cette seule rondeur qui n*ait
Pas d'angle?
62 PHILOMKLA.