‹ Poésies (volume 4)Chapitre 37 sur 171 · G. A. BURGER · texte numérisé non relu

G. A. BURGER

Laissc-lcs dire ! Nous irons Dans le bois décorer nos fronts De liane et de liserons !

La douleur n'est pas éternelle On re verra frémir une aile Sur l'églantier de la venelle.

Sérénades.

Elle reviendra, la saison

Des vers luisants sous le gazon

Les amoureux seuls ont raison.

Quand la sève gonfle la vigne, La froide neige se résigne A fleurir, lys, à voler, cygne !

Malgré l'eflbrt des envieux, Mes lèvres au bord de tes yeux Boiront des pleurs délicieux,

Et nous fuirons sous les tonnelles, Course folle où tu t'échevèles.

En chantant mes odes nouvelles!

38 Sèrcnaâes.

Florinda pcrdiô su flor.

Romancero del Rey.

Le matin riait, ingénu ;

Tu m'as dit : Viens! je suis venu.

Un peu plus tard, tu m'as dit : Chante! J'ai chanté ta grâce méchante.

Mais vint la nuit, la nuit d'été; Tu m'as dit : Pars ! je suis resté.

Sérénades.

Mais on souffre toujours un peu, Rêveur sombre, sous le ciel bleu.

Albert Mérat.

Ton cœur est d'or pur; tout est vrai, Net et loyal dans ta nature ; Mais l'espoir dont je m'enivrai S'achève en doute et me torture.

Ah ! ma sœur, j'ai vu si souvent, A l'heure raorne où la nuit tombe, Mes rêves dispersés au vent Comme des plumes de colombe !

40 Sérénades.

Ocelluli protervuli !

Ocelluli mollicelli!

Jean BonkeponS.

Tes yeux méchants et captieux Comme le regard des Chimères.

Je veux les voir, bien que ces yeux Causent des peines très amères.

Mais tes yeux doux, couleur des cieux, Tes yeux sans haine ni maUce, Cache-les-moi : ces tendres yeux Infligent un trop dur supplice !

Wie scliandlicli du gehandelt,

Icli luib' es dcii Menschen verhehlet.

Hknmu Heine.

Jamais aux passants je ne conte Ta honte ni mon mal amer, Mais je suis allé sur la mer Et j'ai dit aux poissons ta honte.

Vous triomphez encor, ma mie, Sur terre ferme, effrontément; Mais dans tout l'abîme écumant On coimaît bien ton infamie !

Sciciiades.

Ço dit Isolt : « Jo 1' sai pur veir, Sachez que le sigle est tut ncir.

Thomas.

Le ciel est très bas; rien ne bouge Sur la noire mer ; l'horizon Se rapproche, obscure cloison Qiie défonce une lune rouge.

Où sont les joyeux promontoires Dorés par le soleil levant? Mon vaisseau qui n'a plus le vent Laisse pendre ses voiles noires.

'nadc's. 43

In der Nacht ! In der Nacht !

Comte de Platen.

Lune froide et sans auréole, Avec des langueurs de créole Vous rêvez douloureusement Dans l'infini du ciel dormant,

Tandis que, des claires fontaines, Comme un son de flûtes lointaines.

S'exhale vers les cicux blafords La tristesse des nénuphars!

^4 Scrèiiadi'S.

Yo sospecho

Que en cstos disgustos ay Algunos gustos secretos.

LoPE DE Vega.

(Querelleuse, va! J'aime encor Ton regard quand il se courrouce, Car dans tes yeux d'émail et d'or La colère elle-même est douce.

L'amour aux délicates lois, Sur la lèvre qui nous attire Se plaît à faire quelquefois Succéder la moue au sourire.

Prudent, il donne aux amoureux, Pour chasser les langueurs moroses Qiii bercent les cœurs trop heureux, Les querelles, ces fouets de roses.

Sérénades. 45

So hath it been, so be it ; For who shall live and flee it ?

Al.GF.RNOX C. SwiXBURNH

Un jeune pâtre chante au bois, Et l'écho dit : « Je suis la voix ! »

Sous la vitre qu'ua rideau voile La lampe dit : « Je suis étoile! »

Aux lacs où le roseau se plaît, « Je suis roseau, » dit le reflet.

Mais plus fausse, oh ! plus fiiusse encore, La voix qui m'a dit : « Je t'adore ! »

46 Scréiiadi's.

Cor milù te furto surripuisse queror.

Théodore de Béze.

Dans Bethsaïde, en Galilée, Quand l'époux a baisé les yeux De la vierge enfin dévoilée,

Il la conduit, mystérieux, Par des escaliers et des routes Sans nombre, au trésor des aïeux.

Sérénades. 47

« Resplendissantes sous les voûtes, Voici mes richesses, dit-il; Elles sont à toi seule, toutes. »

L'Iduméenne au doux profil Répond d'une voix plus légère Que le chant du souffle en avril :

(( Le ciel confie à l'étrangère

Tes trésors, pour qu'elle en ait soin

Comme une bonne ménaoère. »

Or, un soir, grave, sans témoin, Dans l'ombre d'une vague allée, J'ai conduit une femme, au loin ;

Pareil au Juif de Galilée,

J'ai soumis à l'amour vainqueur

Mon opulence inviolés.

« Chère femme ! Voici mon Cœur Ruisselant, comme un noble vase.

D'une chaude et rouge liqueur!

Sérénades.

Voici mon Ame où vit l'extase

Adorable des paradis

Épars sous les brumes de gaze ;

Ame-cygne des lacs tiédis

Par le jour sans fin qui caresse

Les Édens à l'homme interdits ! »

Et lorsque j'eus, dans ma tendresse,

Livré mon trésor opulent.

Je m'endormis, bonne maîtresse.

Mais toi, furtive, reculant

Le long des rampes, sans chandelle,

Tu t"es enfuie en me volant,

Comme une servr.nte infidèle !

Sêréuaâes. 49

D.i sass ein loscs Nônnchen Das that, als wciin es schlicf.

Page 1