LE TRISTE INSTINCT
Que peut-il m'arriver qui vaille d'en sourire? Que peut-il m'advenir qui vaille d'en pleurer? Le vain bonheur m'apprit le dédain d'espérer, Le mal que j'ai subi peut défier le pire.
Providence, Hasard, ta clémence ou ton ire Ne me peut désormais ravir ni torturer ; Et, pareil au captif que Ton vient de murer.
Je n'attends ni le jour ni la nuit! Je respire,
Voilà tout. J'accomplis la morne fonction
D'être homme, sans espoir, regret, ni passion;
Ah! cent fois mieux vawidrait cracher mon âme pleine
De dégoûts I mais le triste instinct de vivre encor Veut qu'en mes longs ennuis d'avare sans trésor Je prenne et rende au vent qui passe mon haleine !
POUK QUATRE POÈTES