POUR PUVIS DE GHAVANNES
(D'après un dessin.)
Lg. Muse parle : « Enfant qui reçus le pauvoir De charmer par le verbe auguste et le mystère Du rhythme les vivants qui souffrent sur la terre, Fuis cette humanité qu'il te plaît d'émouvoir.
Seul, inconnu, docile à Tunique devoir D'aimer et d'exalter le Beau que rien n'altère, Chante pour tous, mais loin de tous, voix solitaire ! Gomme le rossignol qu'on entend sans le voir.
Droits sur les chars de guerre, ou courbés aux charrues, Ou surchargeant leurs nefs de richesses accrues, D'autres vivront parmi la joie et le tourment;
Sans envier leurs biens ni subir leurs désastres, Toi, pense, rêve et chante infatigablement.
Une main sur la lyre et le front vers les astres ! »
POUR FELICIEN ROPS
En ton œuvre orgiaque et morne,
Grand maître impur !
Se môle aux rires fous un dur Ricanement de blême Norno.
52 POUA QUATRE POÈTES.
Tes stryges et tes satyresses
Aux tristes yeux Jettent à la candeur des cieux Le défi des sales caresses.
Elles insultent, de l'ordure
De leurs baisers Par le crime désapaisés, L'Amour, la Mort, tout ce qui dure,
Et leurs bouches, torses, béantes.
Aux belles dents. Dévorent de souffles ardents Les sexualités géantes.
Ronde àbomiinable! furies
De monstres gais.
Qui font boire aux sens fatigués L'ivresse rouge des tûriesî
Funèbre au delà de Fétrange !
Gouffres hantés Par les impossibilités t — Mais, dans le plus noir coin, un Ange
Regarde, en cet enfer que Dante
Ne connut point.
Le Ciel en se rongeant le poing Et pleure, Taile-aux reins pendante.
POUR QUATRE POÈTBS. 55