‹ Poésies (volume 5)Chapitre 18 sur 40 · XVIE · texte numérisé non relu

XVIE

Il 'accuse d'hypocrisie es petites rougeurs qu'elle a som son corsage

-Seins élastiques et légers, Seins de la belle sans rivale, J'ai baisé dans votre intervalle L'oubli du deuil et des dangers.

Comme la fleur des oransrers Vous êtes la neige estivale, Seins élastiques et légers.

Seins de la belle sans rivale !

Mais les miels et les doux mangers Qu'à votre double pointe ovale Ma bouche extasiée avale • Sont pleins de sucres mensongers, Seins élastiques et légers !

lia LES AMOURS DE MÉSANGE.

// voudrait croire et ne croit pas aux longs bonheurs

C'est la veille d'un lendemain Ce jour de tendresse et de charme.

Déjà Tadieu met son alarme Dans le frisson de votre main.

Cache en ton rire de carmin Le pressentiment d'une larme !

C'est la veille d'un lendemain Ce jour de tendresse et de charme.

La cruauté du sort humain Pour une heure à peine désarme; Le plaisir et son vain vacarme, L'amour même, fleur du chemin.

C'est la veille d'un lendemain.

Il se souvient d'une promenade sur Veau, près de Bougival

Ton reflet qui tremblait dans l'eau Glissait rapide avec l'yole. le doux soir! le vent, viole D'amour, chantait dans le bouleau.

Tu pris peur d'une bestiole; « Où donc? — là! — sous la dentelle? — oh! • Ton reflet qui tremblait dans l'eau Glissait rapide avec l'yole.

Temps passé ! Cadre sans tableau !

En la nuit qu'un bruit fou viole Je cherche, cœur qui s'étiole Sous la lune au mourant halo, Ton reflet qui tremblait dans Te au.

Il se réconforte en songeant au plaisir de chanter des chansons, tristes

Il n'est deuil cruel ni détresse Qu'un beau vers ne charme un moment î Fais des chansons, ô pauvre amant, Et des rondels pour ta maîtresse.

Si tu chantes sa noble tresse

Qu'importe sa lèvre qui ment?

Il n'est deuil cruel ni détresse

Qu'un beau vers ne charme un moment.

Tu veux mourir si la traîtresse Défendit mal son sein charmant?

Bah I pour qui sertit son tourment En rimes d'or, non sans adresse, Il n'e'stMeuil cruel ni détresse.

LES AMOURS DE MÉSANGE. d29

// se vante d'imiter un hermite qui se nourrit de fleurs et de neige

Sans hésiter le bon hermite

Mange de la neige ou des fleurs

Selon que régnent les pâleurs

Ou la pourpre aux champs sans limite.

Afin de gagner, chattemite, Le ciel promis à nos douleurs, Sans hésiter le boQ hermite Mange de la neige ou des fleurs.

Vous doutez? Ce n*est point un mythe.

Moi-même, en des bras enjôleurs, Avec des rires et des pleurs, . Par toutes les saisons j'imite Sans hésiter le bon hermite 1

// a tort de parler à Mésange des tourterelles sans tourtereaux

Amoureuses des tourterelles, Les tourterelles aux cols fins Dans le Ciel comme en nos jardins Roucoulent en battant des ailes.

Sous les splendeurs surnaturelles Frémissent en des jeux sans fins, Amoureuses des tourterelles, Les tourterelles aux cols fins.

Et souvent, se tournant vers elles, Dieu parmi les concerts divins Dit de se taire aux séraphins Pour mieux entendre les querelles Amoureuses des tourterelles!

LES AMOURS DE MÉSANGE. i31

// flirte avec une jeune dévote et Mésange n'en sait rien

L'œil mi-clos sous les bigoudis Quand vous sortez de Sainte-Lise, Je sais bien qu'il vous scandalise, Mon regard aux desseins hardis.

Ce qu'en silence je vous dis, C'est : « Venez, venez, if you please », L'œil mi-clos sous les bigoudis Quand vous sortez de Sainte-Lise.

Dans les palais ou les taudis L'amour lui seul nous angélise !

Vous qui revenez de Téglise, Tu reviendrais du paradis L'œil mi-clos sous les bigoudis.

132 LES AMOURS DE lilÉSANGE.

// regarde, non sans dépit, trembler et*se troubler Veau dans la baignoire de fcCience

Dans la faïence craquelée

Où dort le bain couleur de lait

Plane, diaphane, un reflet De rose ou de rose azalée.

C'est que Mésange est là, voilée D'un enlacement qui lui plaît.

Dans la faïence craquelée Où dort le bain couleur de lait.

Elle rêve, un rêve supplée Parfois à Tamant qu'on voulait...

Et par la fente du volet J'ai vu palpiter Teau troublée Dans la faïence craquelée.

D'abord il croit voir une bête-à-bon-Dieu entre les dents de Mésange, mais ce n'en est point une

Parmi les brins de citronnelle Rit un léger liseron bleu ; Frais bouquet que d'un ruban feu Elle a lié dans la venelle.

Puis Mésange, point solennelle, L'a pris entre les dents par jeu ; Parmi les brins de citronnelle Rit un léger liseron bleu.

Tiens, mignonne, une coccinelle 1 Pas du tout : la bôte-à-bon-Dieu, C'est ta langue qui passe un peu Et met le rouge éclair d'une aile Parmi les brins de citronnelle !

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