POUR UN DÉPART
Pleurez, oiseaux! la jeune Tarentine (1), Une autre fois, a, pour l'algue marine, Quitté nos prés. Une dernière fois, la jeune Athénienne, En se jouant, a vogué vers Cyrène; Pleurez !
Pleurez, oiseaux et colombes plaintives; Et vous gaiement, abeilles, sur nos rives Ne murmurez !
Celle qui vous suivait, celle dont fut la vie Joie et blancheur et murmure, est enfuie ; Pleurez !
Pleurez, vous tous, que sa voix qui caresse, Son œil qui rit, tenait avec adresse Désespérés ;
1 1) Se rappeler la jolie pièce d'André Chénier et la Symêtha deM. de Vigny.
Sa perte à tous les cœurs épris de sa morsure, Sans plus de miel, va laisser la blessure; Pleurez!
Et vous, Chanson, qu'elle appelait près d'elle, Et qui n'osiez qu'effleurer de votre aile Ses fils dorés, Sous le lilas désert, où sa place est laissée, Soir et matin, fidèle à sa pensée, Pleurez!