I.e bon Damète et la belle Amarante
ViUQDEUN DE LA Fr.LS.WtF.
Si quelque blâme, hélas! se glisse à l'origine En ces amours trop chers où deux cœurs ont faiili. Où deux êtres, perdus par un baiser cueilli, Sur le sein l'un de l'autre ont béni la ruine;
Si le monde, raillant tout bonheur qu'il devine. N'y voit que sens émus et que fragile oubli; Si l'Ange, tout d'abord se voilant d'un long pli, Refuse d'écouter le couple qui s'incline;
Approche, ô mon Amie, approche encor ton front, Serrons plus fort nos mains pour les ans qui viendront La faute disparait dans sa constance même.
Quand la fidélité, triomphant jusqu'au bout,
Luit sur des cheveux blancs et des rides (pi' on aime,
Le Temps, vieillard divin, honore et blanchit tout !
DE JOSEPH DELOIUIE. 235
Qui sapit in lacilo gaudeat ille siuu.
TinULLE.
fut heureux en silence.
André Chénier.
Non, je ne chante plus... l'oiseau sous le feuillage
Aux instants les plus doux n'a de chants ni de voix;
Perdu dans son bonheur comme en un saint orage,
Il a peur d'éveiller l'écho jaloux des bois.
Il soupire, il se tait; il palpite, il expire;
II ne confierait pas au plus voisin zéphire
Le moindre son brillant pour être rapporté;
Tout son souffle amoureux est à la volupté.
Que lui font les concerts des hôles du grand chêne,
Tous ces gosiers rivaux chantant à pleine haleine,
Bruyants et glorieux, purs favoris de l'art,
Ou ceux dans leur buisson qui chantent à l'écart?
Que lui fait qu'on le croie absent ou mort lui-même?
Que, ne l'entendant pas, on ignore qu'il aime,
Et qu'on dise en riant qu'il s'est évanoui?
Si le bonheur nous prend, taisons-nous aujourd'hui!
Ton sein contre le mien, ô ma belle oppressée,
Comme un calice plein gardons notre pensée !
Ta voix qui balbutie est douce en se brisant,
Et ta lèvre me parle un parler suffisant.
Loisirs et souvenirs viendront trop loi, je pense;
Trop tôt le sort fâcheux, l'empêchement, l'absence
(Oh ! jamais la froideur, jamais !), mais l'âge enfin,
Nous sevrèrent du bien., seul réel et. divin
Que ferons-nous alors, mon âme ? que ferai-je, Sinon de déployer ce qu'aujourd'hui j'abrège, De rouvrir en pleurant tous mes bonheurs secrets, Et, n'en jouissant plus, de les chanter après (1)?