REFRAIN
Désert du cœur, en ces longues soirées Qu'Automne amène à notre hiver sans fleur, Que vous avez de peines ignorées, De sourds appels, de plaintes égarées, Désert du cœur !
Dans la jeunesse, alors que tout commence, Avant d'aimer, l'impatiente ardeur S'en prend au sort et parle d'inclémence; Alors aussi vous paraissez immense, Désert du cœur !
On veut l'amour; on croit le Ciel barbare ; Tout l'avenir n'est qu'orage et rigueur ; Et l'on demande à l'horizon avare Quel infini du bonheur vous sépare, Désert du cœur !
Illusion ! Courez, Jeunesse franche ; Rien qu'à deux pas, c'est le buisson en fleur; Plus de désert! — Mais à l'âge où tout penche, Est-il encor buisson ou rose blanche , Désert du cœur?
Lenteur arnère ! attente inconsolée !
Oh ! par de là ce sable au pli trompeur, N'est-iî donc plus de secrète vallée , Quelque Vaucluse amoureuse et voilée, Désert du cœur?