‹ Poésies (volume 2)Chapitre 23 sur 82 · CHATEAU DE SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

CHATEAU DE SAINT-GERMAIN

A ma Dame.

Ninon qu'un baiser fait rougir, Près du Château, sur la Terrasse, — Vois ces oiseaux, suivons leur trace, Et d'après eux promets d'agir.

Vers le monument historique Ils nous mènent. — Tiens, j'aperçois, Se becquetant comme sous bois, Nos guides dans les trous de brique.

Eh! ce sont aussi des moineaux Que les baisers de nos deux bouches ; Mais quoi ! faut-il pour ces farouches Un castel muni de créneaux?

ELEGANCES

Puisque ta lèvre encor sauvage Cherche les abris les plus sûrs, Entrons demander à ces murs La paix de leur royal veuvage.

En traversant la noble cour, Tenons nos pierrots à l'attache Sous les ombres de ma moustache, Sous ton voile ennemi du jour.

Et puis, lançons à la volée, Dès le solitaire palier, Du bas en haut de l'escalier, Les bruyants de la troupe ailée.

Pour apprivoiser les peureux, Viens profiter des meurtrières :

Dégourdissons, entre les pierres, Ces espèces de langoureux.

Glissons-nous avec les plus tendres

Dans la cheminée où les nids

Conservent, sous des becs unis,

Leurs doux feux qui n'ont point de cendres.

ELEGANCES

Cachés dans son vaste manteau, Nichons, accouplons nos caresses.

Oh! je veux que tu t'intéresses De tout ton cœur à ce château !

Oui, gardes-en la souvenance, Pour que chez toi nos moineaux francs Becquètent sous tes rideaux blancs Des petits de sa provenance.

Mais, Ninon, c'est trop s'enfermer.

Sauvons-nous; courons sous les hêtres Apprendre des oiseaux champêtres Comment aux bois il faut s'aimer.

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