RONDEAU
Au Paradis j'ai perdu mes entrées.
Mon cœur a beau simuler des oublis, L'amer regret des délices cueillis Me vante encor vos fruits, douces contrées.
Y pensez-vous, vieilles amours rentrées?
J'ai pourtant bien cinquante ans accomplis. Au Paradis j'ai perdu mes entrées; Pour nous plus rien de bon sous ces taillis.
De mes erreurs comme il faut chapitrées Purgeons mon âme en ses moindres replis. Mais quand je passe, ah ! cachez bien vos lis, Détournez-vous, les belles rencontrées; Au Paradis j'ai perdu mes entrées.
Inédit.